Menara
Le représentant résidant au Maroc du Programme des Nations Unies pour
le Développement (PNUD), M. Emmanuel Dierckx de Casterlé, a souligné
que le Maroc doit accélérer le rythme de mise ne place des réformes
qu'il a adoptées, estimant que c'est là où les Nations Unies souhaitent
être le partenaire "le plus enthousiaste" du Royaume.
Dans un
entretien publié jeudi dans le quotidien Le Matin du Sahara, M.Dierckx
de Casterlé a estimé que le chemin parcouru par le Maroc depuis son
indépendance en matière de lutte contre la pauvreté est "considérable",
précisant qu'il y a cinquante ans le taux de pauvreté était le double
d'aujourd'hui.
Mais il a relevé que le Maroc présente une société à deux
vitesses (" un Maroc rural et un Maroc urbain, un Maroc des jeunes et
des vieux, un Maroc des hommes et des femmes"), estimant qu'il est
temps de "retourner le paradigme".
Selon lui, des blocages existent en et "on doit les faire sauter pour accélérer la mise à niveau et la modernisation".
Le
fonctionnaire onusien, qui a contribué à l'élaboration du Rapport du
cinquantenaire sur le développement humain, a souligné que ce rapport a
apporté un changement profond de vision. "Nous avons un désir aux
Nations Unies de mieux travailler tous ensemble et d' uvrer à
l'intérieur de l'Initiative National de Développement Humain (INDH).
Nous voulons appuyer le développement social comme il a été élaboré par
l'INDH qui est notre feuille de route", a-t-il ajouté.
S'agissant
des obstacles qui peuvent s'ériger devant la démarche du développement
humain, M. Dierckx de Casterlé a d'abord cité ceux liés au système des
Nations Unies avec une trentaine d'organisations "fragmentées".
Quant
au Maroc, il a estimé qu'y établir une croissance économique plus
rapide, plus porteuse d'emplois et y réaliser le développement humain,
sont des objectifs "qui eux-mêmes ont leurs propres contraintes de
rigidité, d'absence de suivi de réformes".
Emettant le souhait
de voir le Maroc remonter les statistiques sociales et récupérer la
croissance, le représentant du PNUD a estimé que le Royaume "a toutes
les chances de faire une émergence durable". "Sincèrement, à l'heure
actuelle, on ne voit pas ce qui doit freiner le Maroc dans sa conquête
d'ouverture à la modernité et à la globalisation ", a-t-il dit.
Pour
le fonctionnaire onusien des blocages existent "à tous les niveaux et
dans tous les secteurs " et l'"on doit les faire sauter pour accélérer
la mise à niveau et la modernisation". "Si l'agriculture reste ce
qu'elle est, tributaire du climat, si l'industrie n'arrive pas à se
reconstituer à la vitesse des exportations chinoises, si l'ouverture
sur les langues ne s'effectue pas, on ne va pas arriver sur 20 ans à
trouver les correctifs", a-t-il averti.
Et le responsable du
PNUD d'expliquer davantage : "il faut moderniser la pêche et
l'agriculture. Il faut repartir à l'huile d'olive. Pourquoi le Maroc
perd des parts de marchés international de l'huile d'olive alors que la
Tunisie gagne. Il faut se retransformer de manière rapide et moderne.
Il faut introduire partout le préscolaire et l'amazigh. On souhaite que
d'ici 2025, les Marocains puissent parler au moins deux langues
étrangères. Aujourd'hui nous devons être conscients de ce qui n'a pas
été fait, de ce qui a été mal fait et de ce qu'on peut mieux faire".
"Si
on attend que la croissance économique monte jusqu'à 6 ou 7% pour enfin
faire du social, on ne va pas y arriver", a souligné M. Dierckx de
Casterlé, estimant que "si l'on avait fait auparavant mieux du social,
on aurait une croissance économique due à la valorisation notamment de
la population rurale, des défavorisés, du micro-crédit, du produit du
territoire, et on aurait pu ainsi facilement ajouter 1% ou 1,5 % à la
croissance économique".
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