Coopération statistique

Coopération statistique internationale

Comment traiter les écarts entre les données nationales et internationales : Une stratégie pour améliorer la crédibilité statistique du Rapport sur le développement humain (RDH)

L’Annexe statistique du Rapport sur le développement humain (RDH) est considérée comme un recueil utile des statistiques sur le développement humain. Traditionnellement, le RDH contient des tableaux basés sur l’Indice sur le développement humain (IDH) et autres indices composites ainsi que les indicateurs qui les composent et plusieurs autres tableaux basés sur des indices et indicateurs liés à des thèmes précis.

Le Bureau du Rapport sur le développement humain (BRDH) est un utilisateur de données. Il ne collecte pas directement les données à partir des systèmes statistiques nationaux mais utilise les indicateurs produits par les agences des Nations Unies et leurs partenaires disposant d’un mandat pour la collecte, la compilation et la diffusion de données. Parmi ces agences on trouve le Département des Nations Unies pour les Affaires économiques et sociales (ONU-DAES), l’Institut de statistique de l’UNESCO (ISU), le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) et la Banque mondiale. Pour les indices composites représentant la répartition démographique on utilise des micro-données à partir des enquêtes et bases de données internationales (Enquêtes démographiques et de Santé, Enquêtes par grappes à indicateurs multiples, Etude sur le revenu - Luxembourg Income Study, la Base de données internationale sur la répartition des inégalités, etc.).

L’un des problèmes en ce qui concerne l’Annexe statistique du RDH s’avère être les écarts existant entre les estimations nationales et internationales pour certains des indicateurs et parfois avec les divers rapports de l’ONU tels que le Rapport sur les Objectifs du Millénaire pour le Développement. Cette situation soulève souvent des questions sur la fiabilité et la précision des données présentées dans le RDH, et fait peser un doute sur la crédibilité statistique globale du rapport. Ces écarts sont parfois repérés par le biais de plaintes émises par les gouvernements après la publication du RDH et ceci continue souvent plusieurs mois après sa diffusion. La série de données du RDH est contestée et les estimations nationales sont présentées comme étant plus précises. Même si la plupart des questions d’écart en matière de données issues ont été soulevées, et c’est logique, dans le contexte de l’Indice sur le Développement humain (IDH), on accorde de plus en plus d’attention aux autres indices et indicateurs.

Les écarts entre les estimations nationales et internationales proviennent de quatre sources principales :

  • Différences de concepts et de définitions ;
  • Processus d’harmonisation dans lequel les données nationales, non conformes aux normes et définitions internationales ou de mauvaise qualité pour d’autres raisons, sont ajustées pour une meilleure comparabilité entre les pays ;
  • Quand les agences internationales ou le RDH attribuent des données pour un pays avec ces données manquantes et
  • Difficultés dans la coordination entre les systèmes nationaux de statistiques et les agences de données internationales – les données nationales les plus récentes n’étaient peut-être pas disponibles à temps pour que les agences internationales les incluent à leur série de données mises à jour.

Actions entreprises par le BRDH pour réduire les écarts

Depuis 2010, le BRDH a mis en place des procédures visant à contribuer à la réduction des écarts entre les sources de données. Certaines de ces procédures sont présentées ci-dessous.

Faciliter la communication entre les Bureaux de statistiques nationaux et internationaux

Les actions suivantes ont été mises en place :

  • Réviser les données internationales de façon critique et étudier soigneusement les métadonnées ;
  • Soulever les problèmes auprès des agences internationales quand il existe des disparités notables entre les estimations de l’année en cours et celles de l’année précédente ;
  • Partager les noms des indicateurs qui seront publiés dans le RDH de l’année en cours, les sources de données ainsi que l’URL du fournisseur de données, avec l’ensemble des Bureaux nationaux de statistique (BNS), les Missions permanentes des Etats Membres auprès des Nations Unies et les autres parties prenantes ;
  • Demander aux bureaux de statistiques nationaux de se rendre sur le site internet du fournisseur de données et réviser les données qui seront publiées ; soulever toute préoccupation sur les estimations auprès des fournisseurs de données et en informer le BRDH, dans un délai raisonnable après réception des documents ;
  • Si le problème n’est pas résolu entre les agences internationales concernées et le BNS, le BNS doit recommander au BRDH soit de poursuivre et de publier l’estimation contestée soit de s’abstenir de publier les données ; et
  • Fournir au BRDH ses propres estimations nationales, les sources de données primaires pour les estimations nationales, les procédures d’estimations et limitations détaillées (métadonnées) afin que le BRDH les révisent pour pouvoir les utiliser.

Meilleure coordination entre les statistiques dans le RDH et dans le Rapport sur les OMD (ROMD)

Une fois identifiés les indicateurs qui seront utilisés dans le RDH ainsi que leurs sources, le BRDH examine ceux qui sont également utilisés par les OMD, compare les sources des données et les autres métadonnées pertinentes (définition, période de référence et sous-population, etc.) et lance un débat avec le Groupe sur les OMD.

Réactivation du Comité consultatif statistique (CCS)

Le CCS a été réactivé pour fournir des conseils techniques aux activités statistiques du BRDH y compris en ce qui concerne l’élaboration des indices composites et pour approuver ou rejeter les imputations de données manquantes et d’estimations entreprises par le BRDH. Le CCS donne également des conseils quant au processus de participation de la communauté statistique dans son ensemble.

En particulier, le CCS fournit des conseils sur :

  • La méthodologie globale et les indicateurs à utiliser pour l’élaboration des indices composites et
  • La valeur conceptuelle, la pertinence et la qualité statistique des autres indicateurs présentés dans l’annexe statistique.
  • Le CCS est également une plate-forme pour un échange efficace entre les fournisseurs de données et les autres parties prenantes en matière de statistiques.

Contribuer à la gestion des connaissances dans le domaine de la mesure et des statistiques sur le développement humain

Le BRDH continue d’œuvrer pour une meilleure compréhension et utilisation des indices composites et autres apports statistiques du BRDH en soutenant l’organisation d’ateliers techniques régionaux où l’on discute la méthodologie sur les indices composites, leur interprétation et leur pertinence en matière de politiques, les questions de qualité statistique des données utilisées ainsi que l’adaptation nationale possible des indices.

Le BRDH organise également des séances d’information à l’intention des médias sur les indices composites pour une compréhension et une présentation correctes des valeurs et des classements.