Fri, 12 Nov 2010 12:00:52 GMT
Par Francisco R. Rodríguez et Emma Samman
Responsable de l'équipe de recherche et Consultant (respectivement), Bureau du Rapport sur le développement humain, PNUD
Cette édition est aussi disponible en arabe.
Quelle est la région du monde qui a réalisé les plus grands progrès en matière de développement au cours des dernières décennies ? Depuis de nombreuses années, la réponse donnée par les économistes du développement à cette question est relativement claire : la plupart des miracles de la croissance à l’échelle mondiale se trouvent en Asie de l’Est. Cette conclusion est maintenant acceptée parmi les économistes du développement – du moins depuis la publication par la Banque mondiale en 1993 du Miracle de l’Asie de l’Est – et est systématiquement confirmée par les analyses des ensembles de données sur la croissance. A titre d’exemple, le Rapport de la Commission Spence sur la Croissance et le Développement de 2008 a répertorié 13 pays qui ont réussi à maintenir un taux de croissance élevée durable, dont 9 en Asie de l’Est.
Le Rapport sur le Développement humain 2010 (La vraie richesse des nations : les chemins du développement humain), publié la semaine dernière par le Programme des Nations Unies pour le Développement, présente une autre version de ce constat. Dans le chapitre 2, le rapport présente une liste des dix « pays les plus performants » – les pays ayant connu les plus grandes améliorations sur le plan du développement humain, mesurées par l’Indice de Développement humain, par rapport à leur point de départ en 1970. La liste est beaucoup plus diverse du point de vue géographique que celle de la Commission Spence. En effet, seuls quatre des succès répertoriés par la Commission Spence apparaissent dans la liste du Rapport. Les six autres pays ne sont en général pas considérés comme tel. Parmi ces derniers, la présence de trois pays d’Afrique du nord – Tunisie, Algérie et Maroc – est notable.
| Classement | Améliorations de l’IDH | |
| 1 | Oman | |
| 2 | Chin3 | |
| 3 | Népal | |
| 4 | Indonésie | |
| 5 | Arabie saoudite | |
| 6 | RDP Laos | |
| 7 | Tunisie | |
| 8 | Corée du Sud | |
| 9 | Algérie | |
| 10 | Maroc |
Source : Rapport sur le Développement humain 2010
Le Rapport 2010 adopte une définition spécifique du succès – le rythme de changement réel de l’IDH par rapport au point de départ d’un pays, calculé comme le résidu d’une régression estimant les changements de l’IDH en fonction du niveau initial d’IDH du pays. Il mesure les réalisations d’un pays comparativement à d’autres pays partant d’un niveau d’IDH comparable. Toutefois, les résultats exceptionnels desdits pays ne semblent pas être sensibles à la définition du succès adoptée. Quelles que soient les mesures utilisées, les résultats desdits pays dans les indicateurs de santé et d’éducation (qui, avec le revenu par habitant constituent l’IDH) sont excellents (cela ne signifie pas qu’ils enregistrent d’aussi bons résultats dans d’autres aspects du développement humain non compris dans l’IDH – nous reviendrons sur ce point ci-dessous).
Considérez la comparaison suivante. En 1970, un enfant né en Tunisie pouvait espérer vivre 54 ans et un enfant né en Chine, 62 ans. Aujourd’hui, l’espérance de vie de la Tunisie s’est allongée pour atteindre 74 ans, soit un an de plus que celle de la Chine. Aussi, si le revenu par habitant de la Chine a augmenté presque trois fois plus vite que celui de la Tunisie, l’espérance de vie de la Tunisie a augmenté deux fois plus vite que celle de la Chine. Etant donné que la Tunisie dépasse de loin la Chine sur le plan de l’éducation, elle rivalise sérieusement avec la Chine en termes de développement général (tel que le démontre l’IDH).
Une manière d’illustrer les progrès notables réalisés par ces pays consiste à examiner leurs progrès comparativement à ceux des autres pays dans les trois composantes de l’IDH. Le graphique ci-après présente une comparaison entre l’évolution de l’espérance de vie dans ces trois pays au fil du temps et la moyenne mondiale, ainsi que celle d’un sous-ensemble de pays ayant un point de départ comparable. Nous pouvons constater que les trois pays ont commencé bien au-dessous de la moyenne mondiale en 1970 mais en 2010 ils avaient devancé le reste du monde – dépassant de loin les pays ayant démarré au même niveau. Des tendances similaires caractérisent leurs résultats sur le plan de l’éducation : le taux brut de scolarisation dans ces pays a augmenté en moyenne de 33 points de pourcentage au cours des quarante dernières années, comparativement à la moyenne mondiale de 23 points de pourcentage et à une moyenne de 26 points de pourcentage pour les pays ayant un point de départ comparable.

Source : calculs des auteurs.
Note : les « points de départ comparables » se réfèrent aux pays ayant une espérance de vie inférieure ou supérieure de deux ans à l’espérance de vie moyenne de l’Algérie, du Maroc et de la Tunisie en 1970.
Il est intéressant de noter que ce n’était pas le cas de la croissance économique. Le taux moyen de croissance du revenu par habitant desdits pays n’était que de 2,1 pour cent, soit légèrement au-dessus de la moyenne mondiale de 1,7 pour cent. En termes de croissance, c’est la Tunisie qui a affiché les meilleurs résultats du groupe (3 pour cent) – mais même dans ce groupe, 19 pays ont enregistré un taux de croissance supérieur sur une période de quarante ans. En revanche, seuls six pays ont dépassé la Tunisie en termes d’améliorations dans la mesure combinée de la santé et de l’éducation de l’IDH.
Cela a une signification plus large. Il existe une corrélation remarquablement faible entre la croissance économique et les améliorations en matière de santé et d’éducation. La corrélation entre ces deux variables sur une période de quarante ans est de 0,13, qui n’est pas statistiquement significatif.
D’après le Rapport de cette année, ce découplage entre la croissance et les améliorations en matière d’éducation et de santé a beaucoup à voir avec la transmission de techniques, d’idées et d’idéaux – tels que la vaccination, les systèmes d’eau propre, et le principe que tout le monde a droit à l’éducation – dans les divers pays. L’aptitude des pays à incorporer ces progrès et à s’ouvrir à de nouvelles idées dépendra de plusieurs facteurs allant des conditions de départ aux institutions et à la volonté politique.
Prenons le cas de la Tunisie. Beaucoup des progrès réalisés dans le domaine de l’éducation remontent à une série de réformes adoptées peu après l’indépendance en 1956 par l’administration de Habib Bourguiba. Une démarche essentielle a été la réforme de l’éducation en 1958, qui a établi un calendrier pour la scolarisation de tous les enfants âgés de 6 ans avant 1966 et la pleine scolarisation de tous les enfants d’âge primaire avant 1971. Il existe actuellement des preuves importantes que la santé et la scolarisation des enfants peuvent être améliorées en autonomisant les femmes ; c’est précisément ce qu’a fait la Tunisie en augmentant l’âge minimum du mariage, en levant l’interdiction coloniale d’importation des contraceptifs, en instituant le premier programme de planification familiale en Afrique, en légalisant l’avortement, en rendant la polygamie illégale et en donnant aux femmes le droit de divorcer, de se présenter aux élections et de voter.i
Bien entendu, plusieurs pays ont essayé de mener des réformes semblables, mais la Tunisie semble avoir connu un succès particulier en les menant à bien. Par exemple, seul 3 pour cent des femmes âgées de 25 ans ou plus étaient allées à l’école en 1955, un an avant l’indépendance. Aujourd’hui ce chiffre a atteint 62 pour cent. De plus, le taux d’inscription des femmes aux études supérieures est actuellement plus élevé qu’à Hong Kong ou au Mexique. Une bureaucratie d’Etat efficace semble jouer un rôle clé : la Tunisie offre un accès aux soins de santé de base à presque l’ensemble de sa population indépendamment du revenu ; toutefois, ses dépenses de santé en tant que pourcentage du PIB ne dépassent pas celles des pays comparables. Elle gère un programme de travaux publics énorme mais 80 pour cent des dépenses du programme sont utilisés directement pour rémunérer les ouvriers non qualifiés – un pourcentage beaucoup plus élevé par exemple que dans le programme de garantie d’emploi du régime Maharashtra en Inde.ii
Toutefois, il y a plus que l’efficacité du gouvernement en jeu ici. Une caractéristique notable du processus décisionnaire de la Tunisie réside dans le fait qu’il est façonné dans une large mesure par une véritable prise en compte des priorités et du contexte tunisiens. Au début des années 90, où plusieurs pays en développement réduisaient radicalement les subventions directes et les remplaçaient par des programmes ciblés, souvent en suivant les recommandations directes des institutions internationales basées à Washington, la Tunisie, quant à elle, a fait quelque chose de différent : elle a reformulé son programme de subventions de façon à subventionner uniquement les bas produits, permettant ainsi aux pauvres de se proposer eux-mêmes en tant que bénéficiaires du programme. Cette mesure n’était pas simplement novatrice : elle était favorable aux pauvres et intelligente car les produits alimentaires subventionnés contribuaient en moyenne plus de 70 pour cent de l’apport calorique total et presque 80 pour cent de la consommation totale de protéines des pauvres en 1990.iii De plus, il lui a certainement fallu beaucoup de courage pour aller si directement à l’encontre des idées reçues à l’époque où régnait le Consensus de Washington.
Des récits similaires semblent expliquer la réussite des autres pays les plus performants d’Afrique du nord. Il est intéressant de noter qu’une conséquence de la Guerre froide dans cette région aura été la création d’Etats relativement forts qui ont aussi pu se forger un espace pour une prise de décisions indépendante. Il se pourrait que le legs colonial français et son accent sur la construction d’une bureaucratie publique forte ait aussi joué un rôle. Bien entendu, plusieurs questions restent sans réponse – par exemple, comment l’Algérie a-t-elle pu maintenir des taux d’amélioration si rapides en matière de santé et d’éducation face aux crises macroéconomiques et aux piètres résultats de croissance globale ? Il existe peu d’explications dans la documentation pour le miracle nord-africain – en effet, cela semble être un domaine de recherche très ouvert.
La progression relativement lente de ces pays en termes de démocratisation est une question qui revêt une importance particulière. A la différence des autres pays ayant connu des améliorations importantes sur le plan du développement humain durant cette période – tels le Népal, la Corée du Sud et l’Indonésie – dans les pays d’Afrique du nord cela n’a pas donné lieu à une libéralisation des institutions politiques. En effet, la Tunisie et l’Algérie sont atypiques parmi les pays ayant un IDH élevé, dont plus des trois quarts sont considérés démocratiques d’après le classement de Cheibub et al (2009) employé dans le Rapport de cette année. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas eu une progression au cours du temps – en effet, en 1998 le Maroc est devenu le premier pays de la région arabe où un parti de l’opposition a accédé au pouvoir suite à une élection. Néanmoins, c’est sans doute la dimension où des améliorations supplémentaires contribueraient dans une large mesure à la poursuite de l’élargissement des libertés et choix intégraux des peuples nord-africains.
i Sorkin, Jeri (2001), “The Tunisian Model”, Middle East Quarterly, p. 25-29.
ii Iqbal, Farruck (2006), Sustaining gains in poverty reduction and human development in the Middle East and North Africa, Washington, DC: World Bank.
iii Ghali, S. (2004), The Tunisian Path to Development 1961-2001, Paper prepared for Scaling up Poverty Reduction, A Global Learning Process and Conference. Shanghai, May 25-27, 2004.
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Bachir Boulahbel, Retraité wrote: "Le titre "miracle Nord Africain" aurait pu s'intituler "Miracle Tunisien". Ce n'est pas la réussite de ce pays frère qui dérange, c'est le déséquilibre de l'article, notamment pour sa partie réservée à l'Algérie. Le classement positif que vous avez observé est subrepticement remis en cause quand vous jetez le doute sur les résultats obtenus en parlant de "piètres résultats de croissance globale". Pour avoir analysé finement le cas Tunisien, décelant même de "l'intelligence" dans la mesure de subventionnement des "bas produits" (quoique que vous en pensiez, c'est une mesure généralement appliquée dans tous les PAS), il ne vous a certainement pas échappé que la croissance de l'Algérie, hors hydrocarbures, est loin d'être "piètre"! Les secteurs hors hydrocarbures qui ont tiré la croissance ces dernières années sont le BTP et les services: ce sont des secteurs intensifs en emplois... Si vous ajoutez le fait que deux énormes programmes de développement à financement public (sans commune mesure avec des programmes équivalents d'autres pays, y compris développés) ayant une composante développement humain très solide ont été mis en oeuvre en cours de la décennie précédente, il me paraît difficile de rester dubitatif devant les résultats obtenus. Sauf à avoir un à-priori.... Sincèrement." |
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Bachir Boulahbel, Retraité wrote: "Je viens de vous faire un message, et j'ai oublié de vous dire merci pour l'envoi de votre bulletin. Sincèrement, je vous félicite pour sa qualité qui me satisfait pleinement en me permettant de suivre valablement les évenements relatifs au développement humain. Merci encore et indulgence pour ma réaction un peu ....irritée. Cordialement." |
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Guillermo Mendez Beteta, Ing. Agrónomo Profesor universitario/ Universidad de San Carlos de Guatemala wrote: "No cabe duda de que en el momento en que entro en vigencia el efecto del Consenso de Washington, los países en vías de desarrollo de acuerdo a la voluntad política de sus gobernantes, tuvieron opción de atender a la población mas necesitada y vulnerable, pero, lo contrario sucedió en muchos países latinoamericanos gobernados por políticos que han respondido a intereses conservadores o de las oligarquías criollas, que permitieron adelgazar notablemente los estados y consigo la reducción en los presupuestos destinados a programas sociales, ante todo salud y educación. " |
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Peter Futo, Associate Professor, Course Co-Ordinator at "Joint Master Programme of Comparative Local Develeopment" Corvinus University Budapest, Institute of Sociology wrote: "An enlightening article. I will use the underlying HD Report in my courses for demonstrating / illustrating the use of indicators in development studies." |
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A. Karunakaran, Founder Childcare Consortium wrote: "Dear sir/madam, NGO childcare consortium does not agree with this report on ‘The North African Miracle’ released by the Head of the UNDP team Francisco R. Rodríguez and Emma Samman. How it is possible when the Gender inequality index of the Human Development Report of 2010 on the entire region shows 0.735, and Gender inequities ratio of individual countries with world ranking as follows : Chad -nil, Niger-nil, Tunisia - 56, Algeria -70, Morocco -104, Sudan -106, Egypt -108, Mauritania -118, Mali -135. With such a vast Gender inequity ratio, how it is possible North African human mental and physical development can make a miracle. It should be low or below average." |
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Peter, The University of Auckland, New Zealand wrote: "I am wondering how the HDI improved in North Africa, for instance, in Tunisia, Algeria, and Morocco, as it is claimed that endorsement of Women's health is correlated to their rights such as right to divorce, legalising abortion, late marriages, illigalising polygamy, and women's suffrage. This surprises me because, to me, most of these values may be unafrican/Islamic rules, particularly in Mahgreb countries that may be culturally affiliated to Islamic values that may be contradicting these suggested women's rights. However, am a believer in women's rights as a best way foreward for improvements in UNDP's HDI but unless the researcher(s) who presented this report may revisit their findings to convince most people out there in Africa, as these values may not be consistant with African values as argued by Lee Kuan Yew (Former Singaporean Leader), when he stressed that Western human rights-based values are not necessarily Asians' or the likes of Africans' and Samuel P.Huntington. This is just but my view of the world in the eyes of global south." |
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James Foster, Professor The George Washington University wrote: "This analysis is great for illustrating the central role of "growth" in assessing development and progress. The key question is "growth of what?" and varying answers can lead to a continuum of views - from the Spence Commission to the HDR. Growth is indeed important, but there are many dimensions, such as education, health, income, and political freedoms, in which growth can be usefully evaluated." |
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Louis Ruzoviyo, Membre de l'association ASR "afrosvenskarna" wrote: "J'habite en Suède et c'est pour dire que je suis témoin de cette performance tunisienne en matière de développement humain. Ne pourrait-on même dire que le développement humain passe par le développement de l'esprit? En point d'orgue, est que c'est un développement humain en Tunisie teinté des valeurs éternelles africaines qui s'effritent ailleurs; à savoir, le partage, la fraternelle chaleur humaine africaine symbolisée par le chaleureux accueil de l'autre chez soi, le respect du guide de la nation. Eh bien, j'ai été en Tunisie, du Nord au Sud, l'année dernière avec un groupe de sportives suédoises "Vendelsö IK" et l'accueil trouvé auprès des jeunes sportives tunisiennes et leurs chefs, restent pour nous inoubliable outres le pas déjà franchi. C'était dans le cadre du projet EC-UN JMDI, où j'essai d'utiliser le potentiel du sport pour le développement humain précisement. Si ce projet dont je suis le promoteur s'appliquera sur la Tunisie et mon pays le Burundi, seule la Tunsie a été retenue parmi les premiers pays pilotes par le projet EC-UN JMDI. " |
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Frank Sudlow, Diocesan Manager CAFOD wrote: "A really challenging and informative article. I have visited both Morocco and Tunisia and seen the developments for myself. The fact that their development is so counter the prevailing Washington Concensus could also explain how they have managed reforms which are universally benefitial. The way in which, as Muslim states, they have symultaneously empowered women while still giving high regard to the tenates of Islam is also inspiring." |
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A. Karunakaran, Founder NGO Childcare consortium wrote: "NGO, childcare consortium is not in favour of the HDI components of health, education and income which need two more earth like biosphere to exploit, fund and find improvement in human development. The global economy is flowing from very lower level to upper level like from land locked least developed countries to developed countries. There is no chance for HDI components of health, education and income to find improvement in human development. It needs two more earth like biosphere to exploit and find improvement in human development. Wise Human beings try to develop with prevailing resources without further damaging the bio-capacity. Such Wise human beings look into the components of gender/genetic equity, health and transference of physical and mental values from ‘haves ‘to have not’s to find improvement in human development which fall within the bio-capacity. Achieving gender/genetic equity by balancing male, female and transgender will generate healthy human beings without genetic disorder. Such social order encodes clean economy and reverse existing option strategy in global finance and flow systematically from developed countries to land locked least developed countries to improve education, income, human rights and retain assets among all countries without depleting the biosphere. United Nations and UNDP must follow the components given by NGO, childcare consortium to find absolute human development on earth. The existing UNDP HDI components of health, education and income will further expand cost of living in health sector, education and deplete the biosphere via corporate in the name of employability and income. Beware of false components!" |