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Rapports sur le développement humain - Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)

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EN VEDETTE

Rapport 2013

L'essor du Sud : le progrès humain dans un monde diversifié
est disponible en téléchargement gratuit

Rapport sur le développement humain 2011

Durabilité et équité : Un meilleur avenir pour tous

Modèles et tendances, progrès et perspectives

Il s’avère de plus en plus évident que la dégradation de l’environnement s’accroît dans le monde entier et que les risques de détérioration se multiplient. L’ampleur des mutations à venir étant incertaine, nous explorons une série de prévisions et envisageons leurs répercussions sur le développement humain.

Notre point de départ – qui était un thème clé du RDH 2010 – est l’immensité des progrès accomplis au cours des dernières décennies en matière de développement humain, nuancée cependant par les trois avertissements suivants.

  • La croissance des revenus s’est accompagnée de la détérioration d’indicateurs environnementaux essentiels, tels que les émissions de dioxyde de carbone (CO2), la qualité du sol et de l’eau et la superficie du couvert forestier.
  • La distribution inégale des revenus s’est aggravée à l’échelle nationale dans la majorité des régions du monde, malgré une réduction des écarts en termes de santé et d’éducation.
  • Le niveau moyen d’autonomisation tend à s’élever au rythme de l’indice de développement humain (IDH), mais cette corrélation présente des variations considérables.

D’ici à 2050, les simulations utilisées pour ce RDH font apparaître un retrait de l’IDH de 8 % par rapport à l’hypothèse de base dans un scénario de « défi environnemental » – c’est-à-dire où le réchauffement climatique affecte négativement la production agricole, l’accès à l’eau propre et à un meilleur assainissement et le degré de pollution (12 % en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne). Dans les conditions encore plus graves d’un scénario de « catastrophe environnementale » (vastes déforestations et dégradations des sols, déclin dramatique de la biodiversité, multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes), cette régression de l’IDH serait de 15 % par rapport à l’hypothèse de base projetée.

La figure 2 illustre l’ampleur des pertes et des menaces auxquelles nos petits-enfants seront confrontés si nous ne faisons rien pour arrêter ou inverser la tendance d’ici à 2050. Le scénario de catastrophe environnementale générerait un tournant avant 2050 dans les pays en voie de développement. Alors que leur IDH convergeait vers celui des pays riches des pays riches depuis plusieurs décennies, la tendance commence à s’inverser.

Ces projections montrent que les plus défavorisés subissent souvent – et continueront de subir – les conséquences de la dégradation de l’environnement bien que nombre d’entre eux n’y contribuent guère. Ainsi, les pays à IDH faible sont ceux qui ont le moins participé au changement climatique planétaire, mais qui ont subi la plus forte baisse des précipitations et la hausse la plus marquée de leur variabilité (voir figure 3), avec leurs corollaires sur la production agricole et les moyens d’existence.

Les émissions nocives par habitant sont beaucoup plus élevées dans les pays développés que dans ceux en voie de développement, en raison des activités à forte consommation d’énergie des premiers : automobiles, chauffage et climatisation des habitations et des lieux de travail, consommation d’aliments transformés et conditionnés. Dans un pays à IDH très élevé, un individu moyen émet plus de quatre fois plus de CO2 et environ deux fois plus de méthane et de protoxyde d’azote qu’un habitant d’un pays à l’IDH faible, moyen ou élevé (et environ trente fois plus de CO2 qu’un habitant d’un pays à IDH faible). Le citoyen britannique moyen émet autant de gaz à effet de serre en deux mois qu’un habitant d’un pays à IDH faible en un an. Et l’habitant moyen du Qatar – le pays affichant le plus grand taux d’émissions nocives par personne – en émet autant en seulement dix jours, même si ce chiffre couvre à la fois la consommation locale et la production de biens consommés ailleurs.

Alors que les trois quarts de l’accroissement des émissions nocives depuis 1970 proviennent de pays à IDH faible, moyen et élevé, les niveaux globaux de gaz à effet de serre demeurent beaucoup plus élevés dans les pays à IDH très élevé. Et ceci sans tenir compte de la délocalisation dans les pays pauvres d’activités à hautes émissions de carbone, dont la production est largement renvoyée vers les pays riches.

À travers le monde, l’élévation de l’IDH a été associée à la dégradation de l’environnement, bien que l’on puisse largement l’imputer à la croissance économique.

HDR_2011_FR_Figure2

Comparons le premier et le troisième tableau de la figure 4. Le premier montre que les pays aux revenus les plus élevés sont ceux qui émettent généralement le plus de CO2 par habitant. Le troisième ne révèle pourtant aucun lien entre les émissions et les critères de santé et d’éducation de l’IDH. La conclusion est intuitive : les activités émettrices de CO2 produisent des biens, et non des services de santé ou d’éducation. Elle illustre aussi le caractère non linéaire de la relation entre les émissions de CO2 et les critères de l’IDH : elle est inexistante ou ténue pour un IDH faible, mais lorsque l’IDH augmente, elle atteint un « point de basculement » à partir duquel une forte corrélation positive apparaît entre les émissions de CO2 et les revenus.

HDR_2011_FR_Figure3

Les pays connaissant une amélioration rapide de leur IDH ont aussi enregistré un accroissement rapide de leurs émissions de CO2. Ces évolutions qui s’effectuent au fil du temps – plus que les liens ponctuels relevés – révèlent le résultat prévisible à l’avenir de notre développement actuel. Ici aussi, c’est l’évolution des revenus qui constitue le moteur de la tendance.

L’examen des relations entre les risques environnementaux et l’IDH nous permet de dégager les trois considérations générales suivantes.

  • La dégradation de l’environnement domestique (pollution de l’air intérieur, accès insuffisant à de l’eau salubre et à un meilleur assainissement) est plus grave quand les niveaux d’IDH sont faibles, puis décline à mesure que l’IDH s’élève.
  • Avec le développement, les risques environnementaux affectant les populations – comme la pollution de l’air urbain – semblent augmenter, puis retomber. Une courbe en U inversé pourrait décrire cette évolution.
  • Les risques environnementaux ayant des effets à l’échelle mondiale – c’est-à-dire les gaz à effets de serre – tendent à augmenter avec l’IDH.

L’IDH proprement dit n’est pas le véritable moteur de ces transitions. Les revenus et la croissance économique jouent un rôle important pour expliquer la situation, mais cette relation n’est pas non plus déterminante. De plus, des interactions complexes de forces plus larges modifient les schémas de risques. Par exemple, le commerce international autorise les pays à externaliser des productions qui dégradent l’environnement ; l’exploitation commerciale à grande échelle des ressources naturelles n’affecte pas seulement les moyens d’existence ; et les profils environnementaux diffèrent en ville et à la campagne. Et comme nous le constaterons, les contextes gouvernementaux et politiques jouent un rôle déterminant.

En conséquence, les schémas ne sont pas inéluctables. Plusieurs pays ont réalisé des progrès significatifs à la fois en termes d’IDH et d’équité et de durabilité environnementale. Parallèlement à la mise en lumière des synergies positives, nous proposons une stratégie multidimensionnelle permettant d’identifier les pays qui ont fait mieux que leurs voisins pour promouvoir l’équité, élever l’IDH, réduire la pollution de l’air intérieur au niveau domestique et favoriser l’accès à l’eau salubre, et qui sont donc les plus performants au niveau régional ou mondial en matière de durabilité environnementale (voir tableau 1). Les critères d’évaluation de la durabilité environnementale sont les émissions de gaz à effet de serre, l’utilisation de l’eau et la déforestation. Les résultats sont plus illustratifs qu’indicatifs en raison du caractère incomplet des données comparatives. Seul le Costa Rica dépasse la médiane régionale selon tous les critères, alors que les trois autres pays en tête du classement présentent des irrégularités d’une dimension à l’autre. La Suède affiche un rythme de reforestation remarquable par rapport aux moyennes régionales et mondiales.

HDR_2011_FR_Figure4

Comme l’atteste notre liste, quels que soient les régions, les niveaux de développement et les caractéristiques structurelles, les pays peuvent mettre en oeuvre des politiques favorisant la durabilité environnementale, l’équité et les facteurs clés du développement humain tels qu’ils sont reflétés dans l’IDH. Nous passerons en revue les types de politiques et de programmes qui réussissent, tout en soulignant l’importance des conditions et des contextes locaux.

Plus généralement, lors des dernières décennies, les tendances environnementales montrent cependant une détérioration sur plusieurs fronts, avec des conséquences néfastes sur le développement humain, en particulier pour les millions de personnes dont la subsistance dépend directement des ressources naturelles.

  • Au niveau mondial, près de 40 % des terres sont dégradées à cause de l’érosion des sols, de la diminution de leur fertilité et du surpâturage. La productivité des terres décline, avec une perte de rentabilité estimée atteignant 50 % dans les scénarios les plus défavorables.
  • L’agriculture absorbe de 70 à 85 % de l’eau consommée et l’on estime que 20 % de la production céréalière mondiale utilise l’eau de manière non durable, mettant ainsi en péril le développement agricole futur.
  • La déforestation pose un problème majeur. Entre 1990 et 2010, l’Amérique latine, les Caraïbes et l’Afrique subsaharienne ont subi les plus grandes pertes de forêts, suivies des États arabes (voir figure 5). Les autres régions ont connu des gains mineurs de couvert forestier.
  • La désertification menace les régions arides, qui hébergent environ un tiers de la population mondiale. Certaines sont particulièrement vulnérables, notamment l’Afrique subsaharienne dont les zones arides extrêmement fragiles possèdent une faible capacité d’adaptation.

HDR_2011_FR_Table1

HDR_2011_FR_Figure5

Dans les décennies à venir, les facteurs environnementaux défavorables devraient accroître le prix des denrées alimentaires de 30 à 50 % en termes réels et augmenter l’instabilité des prix, avec de lourdes répercussions sur les ménages pauvres. Les plus grands risques menacent les 1,3 milliard de personnes vivant de l’agriculture, de la pêche, de la sylviculture, de la chasse et de la cueillette. La charge de la dégradation de l’environnement et du changement climatique sera vraisemblablement répartie de manière inégale sur les populations pour les raisons suivantes.

  • Les revenus de nombreuses populations rurales pauvres dépendent dans une très large mesure des ressources naturelles. Même les personnes qui n’exercent habituellement pas ce genre d’activité peuvent s’y livrer pour survivre en période difficile.
  • La dégradation de l’environnement affectera différemment les populations selon que ces dernières sont essentiellement productrices ou consommatrices de ressources naturelles, selon qu’elles produisent pour elles-mêmes ou pour vendre, et selon leur capacité à alterner ces activités pour diversifier leurs moyens d’existence.
  • Aujourd’hui, environ 350 millions de personnes – pauvres pour la plupart – vivent dans la forêt ou à proximité. Elles en tirent leur subsistance et leurs revenus. La déforestation et la restriction de l’accès aux ressources naturelles impliquent toutes deux des préjudices potentiels pour les populations pauvres. Des exemples évidents dans divers pays indiquent que les femmes dépendent habituellement davantage de la forêt que les hommes parce qu’elles disposent d’un choix d’activités alternatives plus restreint, qu’elles sont moins mobiles et qu’elles assument la majeure partie de la collecte du bois de chauffage.
  • Environ 45 millions de personnes – dont au moins 6 millions de femmes – vivent de la pêche. Elles sont menacées par la surpêche et le changement climatique. Leur vulnérabilité est double : les pays les plus menacés sont aussi ceux qui dépendent le plus du poisson comme source de protéines, comme moyen d’existence et pour l’exportation. Le changement climatique entraînera probablement un déclin majeur des stocks halieutiques dans les îles du Pacifique, alors qu’il sera bénéfique dans certaines zones du nord, par exemple autour de l’Alaska, du Groenland, de la Norvège et de la Russie.

Du fait que les femmes des pays pauvres dépendent plus que les hommes de l’agriculture de subsistance et de la collecte de l’eau, elles sont davantage exposées aux conséquences négatives de la dégradation de l’environnement. De même, nombre de populations indigènes dépendent fortement des ressources naturelles. Elles vivent dans des écosystèmes particulièrement vulnérables aux effets du changement climatique, par exemple les petits États insulaires en développement, les régions arctiques et les zones de haute altitude. Il est évident que les pratiques traditionnelles pourraient protéger les ressources naturelles, mais elles sont souvent oubliées ou négligées.

Les impacts du changement climatique sur les moyens d’existence des agriculteurs varient selon le type de culture, la région et la saison, d’où l’importance d’effectuer des analyses locales en profondeur. Ils diffèrent également en fonction du schéma de production et de consommation domestiques, de l’accès aux ressources, du niveau de pauvreté et de la capacité à y faire face. Cependant, le total net des conséquences biophysiques sur les cultures irriguées ou pluviales d’ici à 2050 sera probablement négatif.

Sections du résumé du Rapport 2011

  • Vue d’ensemble : Pourquoi la durabilité et l’équité ?
  • Modèles et tendances, progrès et perspectives
  • Comprendre les liens
  • Synergies positives – stratégies gagnantes pour l’environnement, l’équité et le développement humain
  • Repenser notre modèle de développement – les leviers du changement

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