.  .
  • English
  • Français
  • Español

Rapports sur le développement humain - Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)

  • Skip to main content
  • home
  • Développement humain
  • Rapports
  • Indices & Données
  • Pays
  • Événements
  • Média
  • À propos
  • Recherche
Partager
  • Accueil
  • À propos des Rapports
  • Ressources pour RDH
  • Réseaux de connaissances
  • Formations
  • Suivi des impacts
    • Prix pour le DH
    • Impacts des RDH
    • Voix de la communauté
    • Les RNDH dans l'actualité
      • 2012
      • 2011
      • 2010
      • 2009
      • 2008
      • 2007
      • 2006
      • 2005
      • 2004

Rejoignez-nous

  • Liste courriel
  • Abonnez-vous
  • Facebook
  • Twitter
  • YouTube

EN VEDETTE

Rapport 2013

L'essor du Sud : le progrès humain dans un monde diversifié
est disponible en téléchargement gratuit

Génération désenchantée

Le Journal

Hicham Houdaifa

Parc de la Ligue arabe. Les étudiants envahissent les cafés Yasmina, Pergola et autres 24/24 pour préparer les prochains examens. A première vue, ces jeunes, tout juste sortis de l'adolescence, dégagent un air d'insouciance. A première vue seulement. Car, dès qu'on les interroge sur leurs valeurs et les rapports qu'ils entretiennent vis-à-vis de leur environnement, les mines deviennent sombres et les propos franchement nihilistes. A 20 ans, nos jeunes étudiants sont déjà désabusés et éprouvent beaucoup de difficultés à se projeter dans le futur. La politique ne les intéresse pas. « Je n'ai pas du tout confiance en des politiciens qui cautionnent une situation économique déplorable. Ils ne nous ont jamais demandé notre avis sur les décisions qu'ils prennent et qui concernent notre avenir. Ils veulent nous guider comme un troupeau. C'est pour cette raison que je ne voterai jamais », tranche Mourad, 20 ans, étudiant en économie. En clair : la majorité des jeunes interviewés n'ont pas confiance dans les institutions politiques de ce pays. Mais ils sont de plus en plus nombreux à vouloir adhérer à des mouvements associatifs. Sauf qu'ils ne sont pas du tout informés. « Je voudrais bien donner quelques heures par semaine pour une cause humanitaire. C'est beaucoup plus valorisant que de participer à des réunions de partis politiques qui n'ont pas changé de leaders depuis des dizaines d'années », renchérit Amina, étudiante en droit.

Non à la politique, oui à l'associatif

Une bonne partie de ces jeunes s'oriente également vers les mouvements estudiantins. Autre remarque : les associations de jeunes (notamment celle des diplômés-chômeurs) accompagnent et encadrent les mouvements de protestation populaire qui ont lieu un peu partout dans le pays. Ce constat est expliqué par Hassan Rachik qui, dans le cadre du rapport général sur le développement humain depuis 50 ans, a réalisé un document portant sur "la jeunesse et le changement social". On peut y lire que « la nouveauté de ce mouvement, dans un contexte où l'action des jeunes était caractérisée par la spontanéité et la violence, est qu'il instaure un rapport organisé, et donc moins spontané, à la politique. Ils ont adopté un nouveau style d'action collective, une nouvelle culture politique de la revendication (marche, sit-in, négociation avec les autorités, slogans scandés, chants photocopiés et distribués...) ».

Du « hrig » déguisé

Il apparaît aussi que les jeunes sont dépités devant l'attitude des autorités qui n'hésitent pas à tabasser les jeunes diplômés-chômeurs presque chaque jour devant le Parlement à Rabat. Pire, s'ils décident de poursuivre leurs études, c'est faute de mieux. « Il ne faut pas rêver. Je ne crois pas qu'avec une maîtrise en économie je trouverai un travail. Je maintiens toutefois l'espoir de pouvoir décrocher une inscription à l'étranger et un avenir loin de ce pays qui ne fait rien pour nous garder », lance avec ironie Mourad. Et la perspective d'un emploi au Maroc ? Et un avenir dans le bled natal ? « Si nos aînés sont sans emploi, comment peut-on espérer en trouver un dans quatre ou cinq ans ? Ceux qui ont l'argent pour s'inscrire dans les très chères écoles privées, ce sont ceux qui ont la possibilité de trouver du travail. Puis, il y a les "coups de piston", les salaires ridicules et l'instabilité du marché de l'emploi. Notre seul espoir, c'est d'émigrer », tranche Rachid, un étudiant à la Faculté de Sciences. A l'image de Rachid, de nombreux jeunes sont dans le même état d'esprit. Hassan Rachik explique que « la valorisation de la poursuite des études, de l'obtention d'un diplôme est remise en cause. D'autres attitudes et représentations indiquent la dépréciation du diplôme. Même les diplômes de l'enseignement supérieur sont de moins en moins valorisés puisqu'ils ne conduisent guère systématiquement à un emploi. Les filières sont valorisées suivant qu'elles mènent ou non à l'emploi ». Dans les quartiers périphériques, l'abandon des études est nettement plus évident. Cette jeunesse marginalisée rêve d'émigrer vers d'autres cieux par n'importe quel moyen. Le dealer est une figure idéalisée par les jeunes. Il incarne un modèle de réussite beaucoup plus que tout autre carrière. Depuis toujours, le Maroc est un pays où la solidarité est une valeur sûre. Mais cette affirmation est mise à rude épreuve quand elle est confrontée aux témoignages des jeunes : ils se sentent plutôt redevables à leurs seuls parents. La précarité qui touche de larges franges de la société marocaine laisse peu de place à ce genre de sentiment. Surtout dans les grandes villes où la marge dicte ses lois. « Plusieurs enquêtes révèlent que la famille demeure l'institution refuge et l'institution la plus valorisée par les jeunes. 80% des étudiants enquêtés déclarent que la famille est l'institution qui leur inspire le plus confiance contre 2% qui citent l'État ou les partis politiques. Considérer la famille comme un appui est en grande partie un jugement de fait (et non seulement un jugement de valeur). Les manifestations du soutien familial sont nombreuses : entretien financier, intervention pour obtenir un service… », écrit M. Rachik dans son rapport. Nos jeunes sont de plus en plus égoïstes et moins enclins que leurs aînés à entretenir de fortes relations d'amitié. « L'amitié n'existe presque plus. Chacun se méfie de l'autre. C'est l'intérêt qui prime », confie Mourad.

Une pratique religieuse plurielle

Le rapport montre également que la religion garde une place prépondérante dans la vie des jeunes, avec des manifestations multiples. La pratique religieuse dépend du contexte social. La remarquable progression du port du voile n'est pas toujours motivée par la piété. « Je suis une croyante. Mais, si je porte le voile, c'est pour éviter le harcèlement dans la rue », avoue cette jeune voilée. Pour les garçons, la pratique religieuse va de la simple prière à l'extrémisme militant. L'absence d'un horizon meilleur pousse une large frange de jeunes à adopter un mode de vie musulman rigoureux. Dans les quartiers populaires et les bidonvilles, une bonne partie des "extrémistes"ont été des délinquants notoires. « Il serait fallacieux de mettre dans une même catégorie les processus qui ont amené des jeunes à se convertir au militantisme islamiste avec d'autres qui aboutissent soit au recrutement dans des associations religieuses de jeunes analphabètes, ou ayant un niveau d'instruction modeste, soit simplement à la pratique de la prière indépendamment de toute agence religieuse », analyse M. Rachik. Puis il y a l'absence de véritables modèles pour une jeunesse qui n'a plus d'estime pour ses aînés : « Si les juges, les enseignants, les agents de sécurité et une grande partie de nos responsables sont des corrompus qui n'ont pas de valeurs, comment demander aux jeunes d'avoir des principes ? », s'interroge à juste titre Amina. Déconcertant.

Retourner à la liste <<<<<


Haut de la page

Rapport 2013

  • Acceuil
  • Plan du site
  • Nous contacter
  • Emploi
  • Stages étudiants
  • Conditions d'utilisation
  • Webmaster
  • Liste courriel