Imprimer les versions
English [64 KB] | Français [155 KB] | Español [66 KB]
|
|||
![]() |
Faut-il accorder de l’importance aux normes et aux divergences dans les sources de données ?Tom Griffin |
||
Faut-il accorder de l’importance aux normes et aux divergences ?Oui ! Même si les données sont uniquement utilisées à des fins de comparaisons internationales, l’absence de normes et l’existence de divergences significatives au niveau des statistiques peuvent induire en erreur en ce qui concerne le développement humain et donner lieu à de mauvaises décisions au niveau des politiques économiques et sociales. Mais les éléments constitutifs de l’Indice de développement humain (IDH) – le PIB par habitant ; l’espérance de vie, le niveau d’alphabétisation et le taux d’inscription scolaire - sont également utilisés pour pouvoir localiser les problèmes au sein d’un pays et aussi évaluer leurs réponses et développements dans le temps, suite à des décisions politiques. Il y a des divergences modestes qui peuvent être négligeables. Cependant certaines de ces divergences peuvent parfois être importantes. A titre d’exemple, le taux de mortalité infantile d’un pays de la Communauté d’Etats indépendants (CEI), tels qu’indiqués par les agences internationales, varient de 19 à 81 décès pour 1.000 naissances viables. Et bien entendu, la mortalité est l’un des composants de l’espérance de vie. Une des raisons expliquant pourquoi un IDH national peut être différent de la version mondiale est qu’un pays peut utiliser ses propres estimations d’espérance de vie ou de population. Si les normes et divergences ont tant d’importance, pourquoi les agences et les pays présentent-ils des chiffres aussi erronés ?Dans le cas de la mortalité infantile, citée ci-dessus, diverses raisons peuvent expliquer les écarts. Toutefois, les plus significatives d’entre elles sont liées au fait que les naissances et les décès sont sous-enregistrés dans les registres. Dans ce cas comme dans bien d’autres, les chiffres les plus viables sont provenus des enquêtes sur les ménages réalisées, toutefois à grand frais, mais qui ne dépendent pas des données incomplètes que l’on trouve dans les registres. ALes écarts qui existent entre les sources nationales et internationales peuvent être également expliqués par le fait que certains pays n’accordent pas assez de priorité à la fourniture de données aux agences internationales. L’arrivée des rapports sur le développement humain et des indicateurs sur les OMD a permis de montrer combien il est important pour les pays de partager ces informations en temps voulu et de manière régulière. Toutefois, même au sein d’un pays, il est fréquent que différents ministères détiennent des données divergentes. Il arrive souvent qu’un ministère de tout premier plan (celui de l’éducation, par exemple) fournisse une série de données à une agence internationale, tandis qu’une autre entité gouvernementale telle que le bureau des statistiques nationales apporte de son côté des données différentes à la division statistique d’une commission régionale ou à la Division de statistique des Nations Unies. La faute incombe-t-elle donc aux pays ?Les agences internationales aussi peuvent faire des erreurs, et leur manière de traiter les données qu’elles reçoivent varie. Certaines agences ne procèdent jamais à aucun ajustement des données qu’elles reçoivent, tandis que d’autres le font dans le but de standardiser les données et de les rendre comparables d’un pays à l’autre. Il arrive aussi parfois que les agences internationales créent leurs propres définitions en vue de répondre à des besoins spécifiques. La Banque mondiale convertit par exemple les estimations du PIB par habitant exprimées en devises locales en terme de pouvoir d’achat équivalent en dollars américains, afin que les chiffres venant de différents pays puissent être comparés. Cette présentation du PIB est importante pour calculer l’IDH, mais il se peut qu’elle ne soit pas reconnue par le pays même. De même, il existe maintenant des estimations du niveau d’alphabétisation « fonctionnel » de certains pays (pour la plupart industrialisés) qui sont très différentes des chiffres d’alphabétisation disponibles au niveau mondial. Une des principales raisons pour lesquelles il est souvent impossible de comparer les statistiques entre pays et qui expliquent que celles-ci proviennent de mauvaises sources ou sont mal calculées, est la rareté des informations de base et le manque d’experts dans de nombreux pays. Dans ces pays, il n’y a aucune raison de croire que les statistiques seront plus viables que les autres aspects de l’infrastructure nationale. Comment faire la différence entre les bons et les mauvais chiffres ?Des méthodes différentes sont disponibles. Il convient tout d’abord de lire les mentions indiquées en petits caractères. Toute publication ou site Internet fiable se doit de décrire les sources et les méthodes avec une certaine précision. Sur la base de la description de la source ou de la méthode, on peut ensuite voir clairement si certaines données ne correspondent pas à ce qu’elles sont censées indiquer. Les estimations du chômage fondées uniquement sur le nombre de personnes percevant des indemnités de chômage ou ayant choisi de s’inscrire à leur agence pour l’emploi locale, doivent par exemple se voir accorder une valeur très limitée pour ce qui est d’indiquer la disponibilité des gens pour un travail. Les données d’inscription scolaire sont généralement considérées comme étant plus fiables mais elles n’en proviennent toujours pas moins de l’administration, et le taux d’inscription n’est pas égal au taux de fréquentation scolaire. Peut-on, au PNUD, faire quelque chose contre les données erronées ?Oui, nous le pouvons, même si nous sommes plutôt des utilisateurs de données. En premier lieu, nous pouvons refuser de publier des chiffres erronés. Le fait de publier des chiffres dont nous ne sommes pas sûrs ne fait qu’aggraver le problème des données fausses. Il est de notre responsabilité, de par notre portée mondiale et notre présence nationale, de faciliter la coopération nationale et internationale. Nous avons de nombreux exemples dus à l’aspect visible des statistiques contenues dans le Rapport mondial sur le développement humain. Où trouverai-je des statistiques et des conseils fiables sur les statistiques ?Le développement humain est un domaine très vaste, qui nécessite l’utilisation de statistiques émanant de sources très nombreuses. Au niveau international, il existe de nombreuses sources fiables qui reposent sur des bases solides. Le Rapport mondial sur le développement humain en est un exemple ainsi que notre site Internet associé. D’autres excellentes sources générales sont la Division de statistique des Nations Unies et la Banque mondiale. Par exemple, la publication annuelle des indicateurs du développement dans le monde par la Banque Mondiale, contient des remarques très intéressantes sur la variété de leurs tableaux statistiques. Au niveau national, la meilleure source disponible est presque toujours le bureau national des statistiques. Non seulement il constitue généralement la source la plus abondante, mais il peut également fournir des conseils pour rechercher d’autres sources relatives au même domaine d’intérêt. Quelques sources générales1. UNDP/HDRO (including HDI calculator) Note: Idees sur le DH sont des contributions des members du reseau et ne representent pas necessairement les opinions du PNUD. |
|||
Retournez à la liste des éditions.