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Comment les conflits sapent-ils le développement humain ?Frances Stewart |
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Développement humain et conflitsParmi les dix pays ayant les indicateurs du développement humain les plus faibles, huit ont connu des conflits au cours des deux dernières décennies. Un développement humain faible – notamment lorsqu’il existe des inégalités horizontales aiguës (IH) – rend les pays particulièrement enclins aux conflits. Un cercle vicieux peut ainsi s’instaurer, dans lequel un conflit dégrade le développement humain, et un développement humain faible avec des facteurs d’exclusion contribue au conflit (ce problème mettra en exergue ce dernier). De quelle manière les conflits ont-ils un impact sur le développement humain ?Les conflits violents ont un impact négatif majeur et vaste sur le développement humain à travers toutes les générations – non seulement sur les trois éléments de l’indicateur du développement humain (espérance de vie, revenus et éducation) mais aussi sur des dimensions plus larges des capacités, en particulier sur la sécurité humaine et, de manière plus générale, sur les libertés. La plus grande partie des coûts d’une guerre ne découlent pas directement des décès et des blessures dus aux combats mais indirectement de la perte des moyens d’existence en raison de la dislocation de l’économie et de la société. Les conflits affaiblissent le développement humain car :
Quelle est l’étendue de l’impact ?L’impact précis des conflits varie sensiblement selon les pays et au sein-même des pays. Les groupes exclus socialement, politiquement et économiquement, dont les femmes, sont les plus vulnérables à ces impacts. Les variations dépendent de la nature de la guerre, selon qu’elle fait rage dans tout le pays ou est seulement confinée à une partie de celui-ci ;
Que montrent les faits ?On a relevé un impact négatif sur le PIB par tête dans 13 des 14 pays subissant les pires conflits entre 1975 et 1995, avec des écarts considérables de magnitude. Les pires pertes sont intervenues dans les guerres longues et durables. Les analyses de régression ont estimé que des pertes annuelles de 2 à 2,5% intervenaient au cours des guerres et dans les années qui suivaient immédiatement, par rapport aux pays en situation de paix. Les études de cas et les analyses économétriques montrent un fort impact négatif sur l’investissement. On estime que les dépenses de développement du Népal ont chuté d’un tiers entre 2001 et 2004.
Quelle devrait être la réponse ?Un enseignement important que l’on peut tirer en ce qui concerne les coûts indirects importants des conflits violents est que la politique peut être en mesure de réduire ces coûts de manière sensible si elle est élaborée de manière appropriée, même si le conflit est toujours en cours. La communauté internationale investit généralement peu dans le développement pendant un conflit, se concentrant sur les secours humanitaires. Elle rend souvent la situation encore plus complexe en décidant de réaliser des embargos commerciaux et d’arrêter les aides. Cela est une erreur grave. Le développement humain peut être protégé, et même favorisé, même pendant les guerres. Il convient pour cela de promouvoir des politiques visant à :
Quelques sources d’informations générales1. Collier, P. 1999. On the economic consequences of civil war. Oxford Economic Papers, 51(1): 168-183. Remarque : Idees sur le DH sont des contributions des members du reseau et ne representent pas necessairement les opinions du PNUD. |
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