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Le développement des marchés inclusifs : un moyen de sortir définitivement de la pauvreté ?Ron Mendoza, Namsuk Kim and Nina Thelen du Bureau du PNUD des études sur le développement |
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Près de la moitié de la population mondiale vit dans la pauvreté, la majorité dans les pays en développement, et un grand nombre d’entre eux sont coincés à la base de la pyramide économique. Les pauvres et le s « presque pauvres » représentent un marché pour les biens et services importa nt et très peu exploité, ainsi qu’une source potentielle d’initiative entrepreneuriale et de capacité de production. Malgré la promesse de ce possible gain partagé entre le commerce et le développement, on a de plus en plus la preuve que la plupart des pauvres du monde demeurent marginalisés alors même que les marchés continuent de se développer au sein des pays et deviennent de plus en plus intégrés au-delà des frontières. Dans certains cas extrêmes, les pauvres font même fac e à des pénalités de pauvreté, c’est-à-¬dire qu’ils finissent par payer plus cher pour les même s biens et services que l e reste de la population. Par conséquent, le double défi auquel doivent faire face les entreprises tout comme les praticiens du développement est de définir la raison pour laquelle les marchés ne sont pas inclusifs pour les pauvres et d’élaborer des solutions possibles le cas échéant. Comment est-ce qu’une augmentation des marchés inclusifs peut contribuer au développement humain ?Il est évident que les problèmes liés à la pauvreté ne peuvent pas tous être traités par le biais des marchés. Les gouvernements peuvent et doivent continuer à jouer un rôle clé, surtout en aidant les marchés à fonctionner de manière plus inclusive. Beaucoup d’études montrent non seulement comment le manque d’accès aux marchés, tells que ceux du crédit et de l’assurance, peut renforcer le faible niveau d’actifs, mais également les pièges de la pauvreté auxquels de nombreux pauvres sont confrontés. Un accès plus faible aux marchés du crédit et de l’assurance limite la capacité des pauvres à la consommation et aux investissements de base (par ex. l’éducation, la santé, etc.), ce qui peut en fin de compte renforcer leur pauvreté. L’accès au marché est un aspect fondamental de la vie économique de beaucoup de pauvres et « presque pauvres », et leur participation fructueuse aux marchés est peut-être une condition sine qua non pour sortir de manière définitive de la pauvreté. Dans certains domaines où le secteur public a été défectueux ou même absent, les marchés (en particulier les marchés informels) sont en effet le dernier recours de fait pour les pauvres. Un plus grand accès pour les pauvres aux marchés de biens et services comprenant les besoins de base (par ex. logement, eau, hygiène) et à ceux capables d’améliorer leur autonomie économique (par ex. finance, assurance, services de transfert d’argent), peut non seulement contribuer au développement humain, à la réduction de la pauvreté et à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), mais également incorporer les opportunités commerciales et servir à dynamiser le développement du secteur privé et peut-être même la croissance économique globale. En outre, le développement peut être vu comme l’augmentation et l’élargissement des possibilités, choix et libertés des individus. S’appuyant sur cette définition, il existe plusieurs marchés pour lesquels on s’attend à ce que la participation des pauvres ait un impact positif sur le développement humain, et c’est sur ce point que notre travail récent met l’accent:
Les marchés sont donc inclusifs s’ils offrent aux pauvres un accès plus abordable aux biens et services clés ainsi que s’ils fonctionnent de manière non exploitrice et commencent réellement à multiplier les possibilités pour les pauvres d’acquérir une autonomisation économique et renforcer le développement humain. Innovations pour rendre les marchés plus inclusifs pour les pauvresLes défaillances des marchés, les échecs des gouvernements, certaines caractéristiques des pauvres tout comme des acteurs économiques, ainsi que leur environnement, pourraient constituer des obstacles empêchant les pauvres de participer plus activement aux marchés, que ce soit en tant que consommateurs ou producteurs. Afin d’aider les marchés à être plus inclusifs pour les pauvres, une réponse possible consisterait à mettre l’accent sur l’élimination de certains de ces obstacles, de manière à transformer l’environnement lui-même. Cette ligne d‘action pourrait impliquer, par exemple, le développement des institutions et l’accès à l’autonomisation juridique non seulement pour les pauvres, mais peut-être également pour une grande partie de la population non pauvre mais à faible revenu. Néanmoins, ces types d’investissements peuvent mettre longtemps à porter leurs fruits, et entre-temps, une alternative possible pourrait consister à travailler dans le cadre de l’environnement actuel. Les acteurs privés – y compris les organismes à but lucratif ainsi que sans but lucratif, et souvent en partenariat avec le secteur public – ont été capables de réduire certaines de ces contraintes par le biais d’innovations ayant aidé à rendre les marchés plus inclusifs pour les pauvres, leur permettant non seulement d’obtenir l’accès, mais également de participer d’une manière renforçant leur autonomisation économique et le développement humain. Par exemple, certaines de ces innovations dans les domaines des services financiers et des TIC comprennent :
Par ailleurs, les innovations en termes de produits d’assurance, en particulier avec la création de produits de transfert de risque fondés sur les indices (IBRTP) peuvent être utiles pour surmonter certains problèmes liés à l’assurance traditionnelle, tels que les problèmes d’information. Les indemnités des IBRTP sont basées sur un indice sous-jacent (par ex. le volume des pluies ou le taux de mortalité total du bétail), et ils se distinguent des produits d’assurance traditionnels qui versent des indemnités quand les pertes encourues dépassent un seuil donné. Au contraire, les IBRTP versent des indemnités quand la valeur réalisée de l’indice sous-jacent est soit supérieure soit inférieure au seuil donné. Cette conception permet d’éviter les problèmes d’informations asymétriques des produits d’assurance traditionnels car les assurés ne sont pas en mesure d’influencer les résultats de l’indice. Comme la production ou les pertes escomptées au niveau des exploitations agricoles n’ont plus besoin d’être prises en compte, les frais de transaction peuvent être moins élevés ce qui permet donc d’offrir le produit à un prix beaucoup plus abordable. Voici des exemples de ces innovations :
Recherches supplémentairesCes initiatives vont-elles être fructueuses afin de parvenir à une viabilité financière, ou peut-être même à des taux de rendement compétitifs ? Y a-t-il un compromis entre la viabilité financière et l’implémentation plus profond des marchés à faibles revenus ? Ces développements positifs auront-ils un impact important et durable ? La majorité des pauvres (par exemple, ceux vivant avec moins de USD 2 par jour) va-t-elle être atteinte ? Et ce qui est encore plus important, ces stratégies et innovations sont-elles un reflet d’une tendance émergente ? En résumé, nous pensons que les réponses à ces questions sont toujours en grande partie fondées sur des suppositions plutôt que sur des preuves empiriques. Bien qu’il existe beaucoup de récits d’initiatives très fructueuses, la majorité de nos découvertes ne sont que des résultats préliminaires. Néanmoins, des changements semblent imminents. Le sens et la portée de la manière selon laquelle les acteurs privés et leurs innovations sont en train de redéfinir le paysage du marché pour les faibles revenus sont un terrain propice à des recherches supplémentaires. Quelques sources généralesCe numéro des Idées sur le DH s’appuie sur les recherches menées par le Bureau des études sur le développement dans le contexte de l’initiative « Entreprendre au bénéfice de tous », un effort pluri-acteurs dirigé par le PNUD qui explore les possibilités d’avancement des entreprises et du développement humain (www.growinginclusivemarkets.org) 1. Acosta, Pablo, Illana Melzer, Ronald U. Mendoza, Namsuk Kim and Nina Thelen (2008). “Are Markets Inclusive for the Poor? Developing Market Heat Maps.” Working Paper. Office of Development Studies, United Nations Development Programme, New York. Remarque: Idées sur le DH (HD Insights) sont des contributions des membres du réseau et ne représentent pas nécessairement les opinions du PNUD. |
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