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L’Empreinte écologique dans un monde aux ressources limitéesMathis Wackernagel PhD |
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Qu’est-ce que l’Empreinte écologique ? Quel rapport avec le développement humain ?Beaucoup de pays à faibles revenus disposent de ressources naturelles en quantité considérable, cependant leurs populations sont souvent les premières à souffrir de manière tragique quand les besoins de l’humanité en ressources naturelles dépassent ce que la nature peut fournir de manière renouvelable. Les pays africains, par exemple ont certaines des Empreintes écologiques par habitant les plus faibles au monde– dans de nombreux cas elles sont même trop basses pour pouvoir répondre aux besoins essentiels d’alimentation, d’abri, de santé et d’hygiène. Pour que cette région parvienne à réduire la pauvreté, la faim et les maladies, il faudrait qu’une plus grande partie de sa population ait un meilleur accès aux ressources naturelles. Néanmoins la population croissante en Afrique et la consommation effrénée des ressources de la planète rendent ceci de plus en plus difficile. Si les pays d’Afrique doivent progresser en termes de développement humain durable, il leur faudra trouver des approches qui fonctionnent avec les limites budgétaires écologiques de la planète, plutôt que d’autres qui y vont à l’encontre. La gestion efficace des richesses naturelles de cette région demande des outils comptables qui puissent comparer la consommation de ressources par rapport à la capacité disponible à régénérer ces ressources. C’est exactement ce que permet de faire l’Empreinte écologique. L’Empreinte écologique mesure la somme des services écologiques utilisés par les habitants. Cette utilisation se manifeste dans le domaine des terres et mers productives nécessaires pour renouveler toutes les ressources qu’une personne, population ou activité consomme et pour absorber les déchets correspondants, en particulier les émissions de dioxyde de carbone. Elle est exprimée en hectares mondiaux, c’est-à-dire des hectares de productivité mondiale moyenne. Les ressources écologiques joueront un rôle crucial dans le fait de réussir ou d’échouer à réduire la pauvreté, la faim et les maladies. Le travail de Global Footprint Network avec les organisations travaillant dans le domaine du développement humain traite la question suivante : comment peut-on parvenir à un développement humain durable ? Comment l’Empreinte écologique peut-elle être utilisée pour rendre le développement humain durable ?En disposant de données approfondies sur la demande et la capacité biologique disponible en ressources, les décideurs seront mieux placés pour investir dans un développement humain qui puisse durer face aux limites écologiques croissantes. Ils peuvent également mieux comprendre les nouveaux défis qui se font jour en matière de ressources qui pourraient nuire au progrès vers les objectifs de développement humain. Nous pouvons évaluer le développement humain durable (comme on le voit dans le Figure 1 ci-dessus) en utilisant l’Indice de Développement humain (IDH) du Programme des Nations Unies pour le développement comme indicateur du développement socio-économique, et l’Empreinte écologique comme mesure des besoins humains en matière de biosphère. Le PNUD considère qu’un IDH supérieur à 0,8 représente un « développement humain élevé ». Une Empreinte écologique inférieure à 2,1 hectares mondiaux par personne rend les besoins en ressources d’un pays renouvelables au niveau mondial. Puisque chaque pays a un volume différent de capacité biologique disponible, ses limites sont fixées à la fois par sa propre capacité biologique et ses capacités économiques à avoir accès à la capacité biologique en provenance d’ailleurs. Quand on associe l’Empreinte écologique à l’IDH du PNUD, on est capable de mesurer les conditions minimales pour un développement humain mondial. La même approche peut être utilisée quand on étudie ce qui est nécessaire pour faire durer le développement local.
Figure 1 : Développent durable : où en sommes-nous aujourd’hui ? Malgré l’adoption croissante du développement durable comme objectif explicite en matière de politiques, la plupart des pays ne remplissent aucune des deux conditions minimales mondiales. En fait, le monde entier se trouve à l’extérieur de l’encadré . Cependant, la bonne nouvelle c’est qu’il existe de nombreuses possibilités de gérer et d’utiliser la capacité biologique de manière plus efficace et d’investir dans des programmes de développement humain qui fassent progresser un pays vers cet encadré jaune. Une gestion efficace des ressources écologiques peut contribuer à mettre fin aux cycles de pauvreté et peut soutenir les changements comme ceux indiqués dans les Objectifs du Millénaire pour le Développement qui améliorent la qualité de la vie. La pression que la croissance démographique fait subir aux écosystèmes peut être traitée de différentes manières qui servent également à autonomiser les populations et à améliorer leur bien-être. La mesure de l’Empreinte écologique fournit une perspective neuve qui peut contribuer à trouver des solutions pratiques aux problèmes écologiques croissants auxquels font face l’Afrique et le monde.
Figure 2 : Empreinte et capacité biologique par personne en Tanzanie depuis 1961. L’exemple de la Tanzanie se trouve dans le Figure 2. L’Empreinte écologique de la Tanzanie représente la capacité biologique nécessaire en moyenne pour couvrir la consommation moyenne d’un citoyen tanzanien. La capacité biologique est la zone productive disponible sur le territoire tanzanien. La partie en vert entre les deux lignes montre la surface écologique en diminution en Tanzanie. Une fois que ces lignes se croisent, le reste de la surface écologique entre dans le rouge. Le déficit écologique peut être compensé en faisant une sur-utilisation de la capacité biologique locale ou en utilisant la capacité biologique à l’étranger, par exemple par le biais des importations. Le fait de devoir éviter les déficits écologiques n’est donc pas une limite supplémentaire imposée sur les besoins de développement mais s’affirme plutôt comme une condition permettant aux succès en matière de développement de durer. Investissement dans l’avenir : comment les praticiens du développement peuvent-ils participer aux travaux sur cette Empreinte écologique ?Le bien-être et les besoins en ressources futurs dépendront en grande partie des investissements en infrastructures réalisés aujourd’hui. Les choix en matière d’infrastructures peuvent enfermer des villes ou des nations entières dans des voies économiquement et écologiquement risquées de forte dépendance par rapport aux ressources, ou ils peuvent augmenter leur capacité en matière de résistance face à des limites en ressources croissantes. Les investissements responsables en énergie, en transport et en bâtiments affectés à des centres de soin et à des écoles offrent des bénéfices augmentant l’alphabétisation, les richesses et la santé d’un pays, ces trois sous-indicateurs apparaissant dans l’Indice de Développement humain. Si ces choix peuvent être faits d’une manière qui assure également la promotion de l’efficacité en matière de ressources des villes ou régions, ils fourniront des gains au niveau du bien-être humain qui pourront devenir durables. Il existe également de nombreuses possibilités de gérer la capacité biologique plus efficacement. Que la capacité biologique soit utilisée pour nourrir les résidents, servir d’exportations ou capter le carbone, un outil précis de mesure de la demande et de l’offre en capacité biologique pourra aider à définir si son utilisation est estimée à sa juste valeur. Les données sur l’Empreinte écologique et la capacité biologique donnent aux dirigeants les outils dont ils ont besoin pour faire ces choix. Dans un monde où les ressources deviennent de plus en plus limitées, les gains obtenus en appauvrissant les écosystèmes seront uniquement à court terme, et les pays les plus pauvres risquent d’en subir le plus les conséquences. Si, d’un autre côté, les pays en voie d’industrialisation peuvent se développer d’une manière qui tienne compte des limites écologiques, ils seront mieux à même de s’adapter aux ressources limitées et de faire des progrès en matière de développement humain qui pourront réellement durer à long terme. Les évaluations d’empreinte écologique ont été appliquées de manière étendue en Europe, Chine, Inde, Australie et en Amérique du Sud. Par ailleurs, ces dernières années, Global Footprint Network a mis l’accent sur l’évaluation de la demande écologique et la disponibilité des ressources en Afrique et a apporté des éclaircissements sur les problèmes, les possibilités et les risques que ces tendances représentent. Pour plus d’informations sur la façon d’utiliser ces outils dans les évaluations de pays, la planification de projet ou l’évaluation de projet, veuillez contacter Kristin Kane à kristin@footprintnetwork.org. Exemples d’applications d’empreintes écologiques :
Quelques documents de référence :1. Global Footprint Network. 2008. The Ecological Footprint Atlas 2008. http://www.footprintnetwork.org/atlas Note : Idées sur le DH est constitué des contributions des membres du réseau et ne représente pas nécessairement les opinions du PNUD. Pour tout renseignement complémentaire lié au sujet de ce numéro d’Idées sur le DH, veuillez contacter anna@footprintnetwork.org. |
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