Le Rapport présente la façon dont la plupart des personnes les plus défavorisées au monde portent un « double fardeau » en matière de manque. Ils se trouvent menacés de manière disproportionnée par ces tendances environnementales mondiales à long terme trends comme les risques météorologiques extrêmes, les sécheresses et l’élévation du niveau de la mer. Et ils doivent également faire face aux menaces à leur environnement immédiat à cause de la pollution de l’air intérieur, des eaux insalubres et un mauvais assainissement. Les maladies évitables liées directement à l’eau contaminée et à l’air pollué tuent près de trois millions d’enfants de moins de cinq ans chaque année, principalement en Afrique et en Asie du Sud.
Par ailleurs, les pauvres des zones rurales dans le monde dépendent de forêts, de terres agricoles et d’océans sains pour gagner leur vie. Au fur et à mesure que ces ressources diminuent en taille et en productivité, ceci mettra en péril les moyens de subsistance de personnes qui dépendent le plus de ces ressources menacées. Et ceci pourrait également placer les prix des produits alimentaires hors de portée de beaucoup, entraînant une inexorable marche mondiale vers la famine. Les prévisions dans le Rapport suggèrent que l’échec répété à traiter les graves risques environnementaux mondiaux et l’augmentation des inégalités sociales menacent de ralentir des décennies de progrès durables de la part de la majorité des pauvres de la planète, et même d’inverser la tendance de convergence mondiale en matière de développement humain. Les inégalités sociales empêchent les pays et communautés pauvres d’avoir une influence proportionnelle appropriée quant aux décisions politiques et aux pratiques environnementales aux niveaux mondial et national.
Las simulations informatiques du Rapport montrent que sans accélération supplémentaire de la détérioration de l’environnement mondial pendant les quatre prochaines décennies (scénario improbable), l’IDH mondial moyen augmenterait de 19% de plus d’ici 2050 par rapport à son chiffre d’aujourd’hui. Les gains en matière de développement humain avec l’hypothèse de base seraient plus importants dans le monde en développement, avec une augmentation de l’IDH en Afrique subsaharienne de 44% et en Asie du Sud de 36%.
Mais quand on prend en compte les problèmes environnementaux probables (comme l’impact du réchauffement de la planète sur l’agriculture, l’eau, la nourriture, l’assainissement et la pollution) ainsi que l’augmentation des inégalités, l’IDH en 2050 devrait augmenter seulement de 11% au-dessus des niveaux mondiaux d’aujourd’hui, soit de 8% de moins, avec des chutes marquées de 12% par rapport à la ligne de base en Asie du Sud en en Afrique subsaharienne.
Selon un scénario encore plus négatif de « catastrophe environnementale », avec une accélération de la déforestation et de la dégradation des sols, plus une augmentation des inégalités, l’IDH mondial serait de 15% en dessous de la ligne de base prévue. La chute par rapport à l’hypothèse de l’IDH en 2050 due aux conditions de « catastrophe environnementale » serait la plus dramatique en Afrique subsaharienne (24%) et en Asie du Sud (22%).
Le financement nécessaire à la poursuite du développement humain – y compris la protection environnementale et sociale – sera beaucoup plus important dans les décennies à venir que les niveaux actuels d’aide au développement officielle. Les dépenses sur les énergies peu intensives en carbone, par exemple, s’élèvent à seulement 1,6% de l’estimation des besoins la plus faible, tandis que les dépenses pour l’adaptation à et l’atténuation du changement climatique s’élève à environ 11% des besoins estimés. Le financement du secteur privé est essentiel, mais les besoins doivent être accompagnés et financés par l’investissement public. Réduire le fossé en matière de financement exigera des méthodes novatrices.
Une nouvelle source possible de financement proposée par le Rapport est une taxe sur les transactions de devises. L’infrastructure technique nécessaire pour la collecte d’une telle taxe est aujourd’hui en place dans le système financier international, suite à la crise financière mondiale de 2008. Même un petit prélèvement pourrait générer des revenus considérables. Le Rapport estime qu’une évaluation minimaliste de seulement 0,005% sur les transactions commerciales internationales de devises pourrait produire environ $40 milliards par an, un ajout important aux $130 milliards d’aide au développement en provenance chaque année des pays de l’OCDE. L’adoption d’une taxe universelle sur les transactions de devises est soutenue par un nombre toujours plus grand de gouvernements dans les pays industrialisés et en développement, ainsi que par de nombreux économistes réputés. Certains membres de la société civile l’appellent la « Taxe Robin des Bois », suggérant qu’elle aurait un effet minimal sur les marchés internationaux de devises mais fournirait des ressources nécessaires importantes aux pays et communautés à faible revenu dans les années et décennies à venir.
Le Rapport identifie d’autres sources possibles d’augmentation des ressources financières, y compris à partir des mécanismes existants, tels que le Fonds pour les Technologies propres et le Fonds stratégique pour le climat, qui ont déjà levé $3,7 milliards d’aide environnementale et pourrait récolter encore plus.
A part demander de nouveaux financements pour faire face aux menaces environnementales et autres besoins de développement, le Rapport défend les réformes de la gouvernance mondiale pour promouvoir « une équité et une voix plus grandes ». Le financement devrait être acheminé vers les problèmes cruciaux de non durabilité et d’inégalité, sans exacerber les disparités existantes, indique le Rapport. Ceci demandera la mise en place de meilleurs mécanismes pour fournir des financements pour la promotion d’une énergie propre et saine pour tous, de l’atténuation du changement climatique, d’innovations et adaptation technologiques, de l’accès à l’eau potable et à un assainissement de base et de garanties de protection sociale pour les individus et communautés pauvres.
Les Rapports sur le développement humain ont été commandés et publiés par le PNUD chaque année depuis 1990 en tant qu’analyse des questions, tendances, progrès et politiques sur le développement, indépendante intellectuellement et basée sur des données empiriques. Le but ultime du Rapport est d’aider à faire progresser le développement humain. Ceci signifie mettre l’accent autant sur la santé, l’éducation et l’expansion des libertés humaines et des compétences que sur la croissance économique. Le premier Rapport sur le développement humain en 1990 énonçait dans sa phrase d’ouverture : « la vraie richesse d’une nation c’est son peuple ». Le Rapport de cette année continue cette tradition en traitant les problèmes connexes d’équité et de durabilité selon une perspective de développement humain. Les rapports annuels et les ressources connexes sont disponibles sur hdr.undp.org, y compris les textes intégraux ou résumés en dix langues, eBooks, Human Development Research Papers plus les Tableaux d’indicateurs nouvellement mis à jour, les outils de visualisation des données, les cartes interactives et les profils de données de tous les Etats membres de l’ONU.
Depuis ses débuts en 1990, le Rapport a toujours été indépendant sur les plans intellectuel et éditorial, et souvent provocateur, bien que s’appuyant toujours sur des fondements solides en matière de recherche empirique. Le Rapport sur le développement humain est commandité par le PNUD mais ne représente pas les politiques de l’ONU, ni la vision officielle du comité exécutif ou de la direction du PNUD. Le Rapport dépend des statistiques d’une gamme variée d’agences du système de l’ONU et autres agences multilatérales, mais son analyse et ses conclusions sont le produit et la responsabilité des auteurs du Rapport seuls. Son autonomie éditoriale est protégée par une résolution spéciale de l’Assemblée générale (A/RES/57/264), qui reconnaît le Rapport sur le développement humain comme un « exercice intellectuel indépendant » et un « outil important pour sensibiliser les individus au développement humain dans le monde ».
Plus de 40 Rapports sur le développement humain, autonomes sur le plan éditorial, avec un accent régional, ont été publiés dans les deux dernières décennies avec le soutien des bureaux régionaux du PNUD. Contenant des analyses et des plaidoyers provocateurs en matière de politiques, ces Rapports ont étudié des questions cruciales telles que les libertés civiles et l’autonomisation des femmes dans les Etats arabes, la corruption dans la région Asie-Pacifique, le traitement des Roms et autres minorités en Europe centrale, et la répartition inéquitable des richesses en Amérique latine. Ces Rapports régionaux reflètent les traditions d’autonomie intellectuelle des rapports mondiaux et une perspective de développement humain, en plaçant les individus au centre du débat.
Par ailleurs, de nombreux rapports nationaux – plus de 650 dans 140 pays à ce jour - ont été publiés par des équipes éditoriales locales avec le soutien du PNUD. Ces rapports fournissent une perspective de développement humain aux préoccupations de politiques nationales par le biais de consultations et recherches gérées localement. Les rapports nationaux mettent souvent l’accent sur les questions de genre, d’ethnicité ou de divisions rurales-urbaines pour aider à identifier les inégalités, mesurer les progrès et identifier les signes d’alerte précoce de conflit potentiel. Etant donné que ces rapports sont axés sur des besoins et perspectives nationaux, beaucoup d’entre eux ont eu une influence importante sur les politiques nationales, y compris sur les stratégies pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement et autres priorités de développement humain. Pour des informations supplémentaires sur les Rapports sur le développement humain nationaux et régionaux, veuillez consulter hdr.undp.org/fr/rndh/.
Le Rapport présente deux types d’informations statistiques : les statistiques dans ses indices et Tableaux d’indicateurs annexes, qui fournissent une évaluation globale des réalisations des pays sur différents aspects du développement humain, et des preuves statistiques soutenant les analyses thématiques des différents chapitres, qui peuvent reposer sur des données internationales, nationales ou sous-nationales.
La base de données en ligne du Rapport 2011 contient une base de données de séries temporelles pour tous les indicateurs inclus dans l'édition imprimée du Rapport. Consultez nos outils statistiques.
Le Bureau du Rapport sur le développement humain est avant tout un utilisateur – et non un producteur – de statistiques. Pour permettre les comparaisons entre pays et sur le temps, le Rapport dépend d’agences de données internationales disposant du mandat, des ressources et de l’expertise nécessaires à la collecte et à la compilation des données sur des indicateurs spécifiques. Pour en savoir plus, veuillez vous reporter aux coordonnées des principaux fournisseurs de données.
Les sources de toutes les données des indicateurs sont fournies en bas de chaque tableau. Lorsqu’une agence fournit des données recueillies auprès d’une autre source, les deux sources sont citées dans les notes relatives à chaque tableau. Toutefois, lorsque les données fournies par une agence ont été obtenues auprès d’autres contributeurs, seule la dernière source est indiquée. Le Rapport fournit les composantes des données originales utilisées par le Bureau du Rapport sur le développement humain, de manière à ce que tous les calculs puissent facilement être reproduits.
Les données statistiques utilisées dans l’analyse thématique dans le Rapport sont souvent tirées des Tableaux d’indicateurs. Masi d’autres sources comprennent les articles de commande, les documents gouvernementaux, les rapports nationaux sur le développement humain, les rapports des organisations of non-gouvernementales, des articles de journaux et autres publications universitaires. Les statistiques officielles sont en général prioritaires. Mais à cause de la nature pointue des questions discutées, certaines statistiques officielles peuvent en pas exister, alors des sources d’information non officielles doivent être utilisées. Néanmoins, le Bureau du Rapport sur le Développement humain s’engage à s’appuyer sur des données compilées par le biais de recherches universitaires et scientifiques et à garantir l’impartialité des sources d’information et de leur utilisation dans l’analyse.
Quand des informations en provenance de sources autres que celles des tableaux d’indicateurs du Rapport sont utilisées dans des encadrés ou des tableaux insérés au texte, la source est indiquée ainsi que la citation intégrale mentionnée dans la bibliographie. Par ailleurs, pour chaque chapitre un résumé présente les sources principales pur le chapitre en question, et les notes en fion d’ouvrage spécifient les sources des informations statistiques ne provenant pas des tableaux d’indicateurs.
Les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) sont un ensemble d’objectifs quantifiés et assortis d’échéances issus de la Déclaration du Millénaire adoptée par tous les pays membres des Nations Unies en mars 2002. Le Rapport sur le développement humain incorpore certains indicateurs utilisés dans les Objectifs du Millénaire pour le Développement dans sas tableaux statistiques annuels, mais ne fait pas de commentaires sur les réalisations des OMD en tant que tels.
C’est la Division de statistique des Nations Unies qui gère la base de données mondiale des indicateurs des OMD (http://mdgs.un.org). Cette base de données constitue la pierre angulaire du rapport annuel du Secrétaire général de l’ONU portant sur les progrès mondiaux et régionaux accomplis afin de réaliser les Objectifs du Millénaire pour le Développement et leurs cibles. Cette base de données alimente également d’autres rapports annuels, y compris le Rapport sur le développement humain et les Indicateurs du développement dans le monde de la Banque mondiale.
L’UNSD, la Banque mondiale et les autres fournisseurs internationaux de données – tels que le Programme conjoint des Nations Unies sur le VIH-SIDA (ONUSIDA), l’Institut de statistique de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (ISU), le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) – permettent au Rapport d’inclure les chiffres disponibles des OMD les plus récents. Vous pouvez trouver les données sur les OMD sur les sites suivants :
L’Indice de Développement humain (IDH) est un indice composite sommaire qui mesure les réalisations moyennes d’un pays dans trois aspects fondamentaux du développement humain : une vie longue et saine (santé), l’accès aux connaissances (éducation) et un niveau de vie décent (revenu). La disponibilité des données définit la couverture d’un pays par l’IDH ou pas. Pour permettre des comparaisons parmi les pays, l’IDH est, dans la mesure du possible, calculé sur la base des données provenant des agences de données internationales les plus importantes et d’autres sources de données crédibles disponibles au moment de la rédaction.
Cette année nous avons 18 pays supplémentaires dans le tableau de l’IDH qu’en 2010, ce qui représente une proportion importante de changements dans le classement. Une meilleure performance des autres candidats peut expliquer certains des changements également. Néanmoins, le facteur le plus important est la révision des indicateurs faite par les fournisseurs de données cette année et qui a affecté l’IDH de nombreux pays.
A cause du changement du nombre de pays dans l’IDH cette année et à cause des révisions de données en 2010 et 2011, les classements de l’IDH dans les deux rapports ne sont pas comparables. C’est la raison pour laquelle nous recommandons aux utilisateurs du RDH de ne pas comparer les résultats des différents Rapports, mais d’utiliser le Tableau 2 du dernier rapport, basé sur les dernières données disponibles. Il est important de faire référence au Tableau 2 du rapport quand on compare les changements de classement et de valeur de l’IDH d’une année sur l’autre. Ce tableau est l’endroit où le BRDH présente les tendances dans l’IDH en utilisant des séries de données comparables dans le temps. Le changement de classement réel est exprimé dans ce tableau avec le nombre de places que le pays a gagné ou perdu dans l’indice. Un changement de classement de 0 indique qu’un pays n’a ni grimpé ni baissé dans l’IDH par rapport aux autres pats entre 2010 et 2011.
| Classement IDH 2011 | ||
| Palau | 49 | |
| Cuba | 51 | |
| Seychelles | 52 | |
| Antigua-et-Barbuda | 60 | |
| Grenade | 67 | |
| Liban | 71 | |
| Saint-Kitts-et-Nevis | 72 | |
| Dominique | 81 | |
| Sainte Lucie | 82 | |
| Saint-Vincent-et-les Grenadines | 85 | |
| Oman | 89 | |
| Samoa | 99 | |
| Territoire palestinien occupé | 114 | |
| Kiribati | 122 | |
| Vanuatu | 125 | |
| Iraq | 132 | |
| Bhoutan | 141 | |
| Érythrée | 177 |
Chaque année les bases de données internationales sont révisées et mises à jour. Beaucoup d’entre elles comprennent des révisions historiques également. Espérance de vie : la Division de la population de l’ONU s’est chargée de la révision de la série de données sur l’espérance de vie en 2011. Ces révisions affectent les valeurs passes, présentes et futures de l’espérance de vie. Même si la plupart de ces changements sont minimes, il existe des changements dans les deux sens pour de nombreux pays. Années de scolarité escomptées et Années de scolarité moyennes : l’Institut de statistique de l’UNESCO (UIS) met régulièrement à jour ses stocks de données sur les inscriptions et les niveaux d’études –indicateurs clés pour le calcul des années de scolarité escomptées et les années de scolarité moyennes. Cette année, le BRDH a mis à jour les années de scolarité moyennes pour 34 pays pour lesquels de nouvelles données de recensement sur l’éducation sont devenues disponibles.
Pour les huit pays supplémentaires, les années de scolarité moyennes ont été estimées à partir des tables de niveaux d’étude de l’UIS. Revenu national brut : le revenu national brut par habitant est exprimé en termes de $ réels PPA (parité du pouvoir d’achat). Ces estimations sont basées sur : le RNB par habitant en devise nationale, le coefficient correcteur du PIB, le RNB par habitant en $ actuels PPA et avec les estimations du FMI de la croissance réelle du PIB en 2010 et 2011. Chacune de ces séries d’indicateurs est mise à jour ou révisée chaque année. Par exemple, en 2010 il n’y avait pas de valeurs enregistrées de RNB pour l’année 2009. On a donc utilisé les prévisions du FMI à la place. Les valeurs du RNB de 2009 enregistrées sont devenues disponibles en 2011 et ont été utilisées comme estimations du RNB 2011 par habitant. Egalement en 2011 le RNB est exprimé en $PPA constants de 2005 tandis qu’en 2010 il était exprimé en $PPA constants de 2008. Les années de base différentes rendent ces valeurs impossibles à comparer directement.
L’IDH demeure un indice composite mesurant les progrès accomplis dans trois dimensions de base – santé, éducation/connaissances et revenu. D’après la formule des IDH précédents, la santé était mesurée par l’espérance de vie à la naissance, l’éducation ou les « connaissances » par un mélange du taux d’alphabétisme des adultes et des taux de scolarisation (du primaire à l’université) et le revenu ou niveau de vie par le PIB par habitant ajusté à la parité du pouvoir d’achat (US$ PPA).
La santé est encore mesurée par l’espérance de vie à la naissance. Mais l’IDH 2010 mesurait la réalisation en matière de connaissances en associant les années de scolarisation escomptées pour un enfant d’âge scolaire dans un pays aujourd’hui et les années de scolarisation préalables moyennes pour les adultes âgés de 25 ans et plus. La mesure du revenu, elle, a changé, passant du Produit intérieur brut (PIB) par habitant ajusté au pouvoir d’achat au Revenu national brut (RNB) par habitant ajusté au pouvoir d’achat. Le RNB comprend les envois de fonds, dressant un tableau économique plus précis pour de nombreux pays en développement.
Ces indicateurs ont été modifiés pour plusieurs raisons. Par exemple, l’alphabétisme des adultes utilisé dans l’ancien IDH (qui était simplement une variable binaire – alphabète ou analphabète, sans gradations) est une mesure insuffisante pour obtenir une image complète des accomplissements en matière de connaissances. En incluant les années de scolarisation moyennes et les années de scolarisation escomptées, on voit mieux le niveau d’éducation et les changements récents.
Le Produit intérieur brut (PIB) est la valeur monétaire des biens et services produits dans un pays sans tenir compte du montant conservé à l’intérieur des frontières. Le Revenu national brut (RNB) exprime le revenu accumulé par les résidents d’un pays, en tenant compte des flux internationaux et en excluant le revenu produit dans le pays mais envoyé à l’étranger. Par conséquent, le RNB est une mesure plus précise du bien-être économique d’un pays. Comme on le voit dans le Rapport 2010, il existe de grandes différences entre le revenu des résidents d’un pays, qu’il soit mesuré avec le RNB ou le PIB.
Le revenu est essentiel au développement humain, mais la contribution diminue à mesure que le revenu augmente. Le PIB dans les IDH précédents était plafonné à $40 000 et était transformé de manière logarithmique. L’IDH originel fixait un plafond au revenu pour refléter l’opinion selon laquelle au-delà d’un montant élevé fixé, le revenu supplémentaire n’élargissait pas les possibilités de développement humain. Un autre constat était que tandis que les taux d’alphabétisme et de scolarisation et l’espérance de vie avaient des plafonds « naturels » (100%, limites de mortalité, etc.), les revenus les plus élevés continueraient à augmenter, faussant les rangs élevés de l’IDH avec des valeurs et des classements de plus en plus influencés par le revenu avec le temps.
Il existe d’autres raisons qui font que le plafond sur le revenu a été éliminé. Tout d’abord, les pays étaient de plus en plus regroupés vers le plafond. Cela signifiait que l’on ne pouvait plus faire de distinction entre un nombre croissant de pays au sommet de la répartition. En 2007, le PIB de 13 pays dépassait le plafond. Par conséquent, la capacité discriminante du revenu plafonné avait été affaiblie, en particulier pour les distinctions entre les pays très développés. Ensuite, l’objectif initial n’était pas que le plafond soit contraignant dans le sens où on ne tiendrait absolument plus compte des revenus supplémentaires au-delà d’un montant spécifique. Par exemple, le plafond sur le revenu de $40 000 PPA (parité du pouvoir d’achat) n’était pas contraignant pour les pays quand il a été introduit au milieu des années 90 mais plutôt représentait une borne supérieure utilisée pour normaliser la dimension « revenu » de l’indice. Par ailleurs, l’utilisation de la moyenne géométrique intensifie les rendements décroissants de la transformation logarithmique du RNB par rapport à la moyenne arithmétique. Enfin, et c’est très important, l’utilisation de valeurs maximales réelles au lieu de plafonds permet aux indices dimensionnels qui en découlent de varier dans des gammes similaires afin que leur pondération implicite soit plus semblable que ce fut le cas avec la méthode précédente.
Le nouvel IDH utilise le logarithme naturel au lieu du logarithme précédemment utilisé avec la base de 10. Ce changement mineur n’a pas d’effet sur la valeur de l’indice de revenu et est motivé par le fait que la plupart des textes économiques utilisent le logarithme naturel en matière de revenu. Les plafonds pour chaque dimension ont été éliminés donc on peut dire qu’ils sont égaux aux maximales observées sur la période concernée (1980-2010) pour laquelle les tendances de l’IDH sont présentées.
Ceci est basé sur les données historiques (Maddison, 2010 et Riley, 2005) qui indiquent 20 ans comme valeur minimale. Si une société ou un sous-groupe dans la société avait une espérance de vie en dessous de l’âge de reproduction typique, cette société disparaîtrait. Des valeurs plus basses ont été observées pendant certaines crises, telles que le génocide au Rwanda, mais il s’agissait de cas exceptionnels qui n’ont pas duré. Voir :
Maddison, A. 2010. Historical Statistics of World Economy: 1-2008 AD. Paris: Organisation de Coopération et de Développement économiques.
Riley, J.C. 2005. Poverty and Life Expectancy. Cambridge, UK: Cambridge University Press.
Noorkbakhsh (1998). The Human Development Index: Some Technical Issues and Alternative Indices. Journal of International Development 10, 589-605
Le nouvel IDH attribue une pondération égale aux indices des trois dimensions et les deux sous-indices pour l’éducation sont aussi pondérés de manière égale. C’est une différence par rapport à l’IDH antérieur, qui les pondérait de manière différentielle. Le choix des pondérations est basé sur un jugement normatif selon lequel les trois dimensions sont également importantes. La recherche qui corrobore cette approche par une justification statistique comprend les travaux de Noorkbakhsh (1998) et de Decanq et Lugo (2009). Le nouvel IDH dispose de gammes plus équitables quand aux variations des indices de dimension que le précédent IDH, faisant de cette pondération effective un système plus équitable que par le passé. Voir :
Decanq, K. et Lugo, M.A. 2009. Weights in Multidimensional Indices of Well-Being. OPHI working paper No. 18. (A sortir dans Economic Reviews)
L’Indice de développement humain ajusté aux inégalités (IDHI) ajuste l’Indice de développement humain (IDH) aux inégalités dans la répartition de chaque dimension dans la population. L’IDHI représente les inégalités dans les dimensions de l’IDH en « déduisant » la valeur moyenne de chaque dimension selon son niveau d’inégalité. L’IDHI est égal à l’IDH quand il n’y a pas d’inégalités entre les individus mais est inférieur à l’IDH quand il les inégalités augmentent. Dans ce sens, l’IDHI est le niveau réel de développement humain (en tenant compte de ces inégalités), tandis que l’IDH peut être vu comme un indice de développement humain « potentiel » (soit niveau maximal d’IDH) qui pourrait être réalisé s’il n’y avait pas d’inégalités. La « perte » de développement humain potentiel due aux inégalités est obtenue par la différence entre l’IDH et l’IDHI et peut être exprimée en pourcentage.
L’indice de Gini est généralement utilisé comme une mesure des inégalités de revenu, de consommation ou encore de richesse. Il y a eu une tentative d’application de l’indice de Gini pour mesurer les inégalités multidimensionnelles (Hicks, 1998). Toutefois, l’indice résultant n’était pas cohérent pour l’ensemble des sous-groupes. De plus, l’indice de Gini ne met pas l’accent sur la partie inférieure de la répartition, mais applique le même coefficient dans toute la répartition.
De par leur propre nature, le revenu et la consommation donnent des niveaux d’inégalités différents, les inégalités de revenu étant supérieures aux inégalités de consommation. Le revenu semble correspondre plus naturellement à la notion de « maîtrise des ressources ». Les données de la consommation sont sans doute plus exactes dans les pays en développement, où elles sont moins faussées par des valeurs élevées, et reflètent directement la conversion des ressources. Les données sur le revenu posent aussi des problèmes techniques en raison de la présence accrue de valeurs nulles et négatives. Dans un monde idéal, on utiliserait invariablement soit les données sur le revenu soit celles sur la consommation pour estimer les inégalités. Toutefois, afin d’obtenir une couverture internationale suffisante, il a fallu utiliser les deux. Les estimations finales sont légèrement influencées par l’utilisation de données sur le revenu ou sur la consommation.
L’Indice d’inégalités de genre (IIG) reflète les désavantages pour les femmes dans trois dimensions : santé génésique, autonomisation et marché du travail – pour autant de pays que la disponibilité de données fiables le permet. L’indice indique la perte de développement humain due aux inégalités entre les réalisations des femmes et des hommes dans ces dimensions. Il va de 0 (quand les femmes et les hommes sont à égalité) à 1 (quand les femmes sont moins bien traitées dans l’ensemble des dimensions mesurées).
Il n’existe aucun pays avec une parfaite égalité de genre – donc tous les pays subissent des pertes dans leur réalisation de l’IDH quand les inégalités de genre sont prises en compte, par le biais de l’utilisation de la métrique IIG. L’Indice d’inégalités de genre est similaire par sa méthode à l’Indice de développement humain ajusté aux inégalités (IDHI) – voir Note technique 3 pour plus de détails. Il peut être interprété comme une perte en pourcentage du développement humain potentiel eu égard aux lacunes dans les dimensions comprises. Puisque l’Indice d’inégalités de genre inclut des dimensions différentes de celles de l’IDH, il ne peut pas être interprété comme une perte d’IDH en elle-même. Contrairement à l’IDH, des valeurs élevées d’IIG indiquent une réalisation moindre.
La moyenne mondiale pour l’IIG est de 0,492, ce qui reflète une perte dans les trois dimensions, liée aux inégalités de genre de l’ordre de 49,2%. Les moyennes régionales oscillent entre 31% en Europe et en Asie centrale et 61% en Afrique subsaharienne. Au niveau national, les pertes dues aux inégalités de genre vont de 4,9% en Suède à 76,9% au Yémen. L’Afrique subsaharienne, l’Asie du Sud et les Etats arabes subissent les plus grandes pertes liées aux inégalités de genre (61%, 60,1% et 56,3% respectivement). Les modèles régionaux révèlent que la santé génésique contribue le plus aux inégalités de genre à travers le monde - les femmes en Afrique subsaharienne, qui enregistre une perte massive de 73%, souffrent le plus dans cette dimension, suivies de l’Asie du Sud (65,9%), des Etats arabes et de l’Amérique latine et les Caraïbes (avec une perte de 62,5% chacun). Les Etats arabes et l’Asie du Sud sont également tous deux caractérisés par un taux d’autonomisation des femmes relativement bas.
Il est vrai que les indicateurs de santé génésique employés dans l’Indice d’inégalités de Genre n’ont pas d’indicateurs équivalents pour les hommes. Par conséquent, pour cette dimension, la santé génésique des filles et des femmes est comparée aux objectifs sociétaux auxquels on devrait aspirer - aucune mort maternelle et aucune grossesse adolescente. La justification c’est que la maternité sans risques reflète l’importance que la société accorde au rôle de mère.
La grossesse précoce, mesurée par le taux de fécondité des adolescentes, est associée à des risques accrus pour la santé maternelle et infantile ; de plus, les mères adolescentes sont souvent contraintes de quitter l’école et d’occuper des emplois peu qualifiés.
L’introduction en 1995 de l’Indice sexospécifique de Développement (ISD) et de l’Indicateur de Participation des Femmes (IPF) a coïncidé avec la reconnaissance internationale croissante de l’importance de surveiller les progrès en matière d’élimination des écarts entre les sexes dans tous les aspects de la vie. Si l’ISD et l’IPF ont contribué énormément au débat sur la sexospécificité, ils ont des limites d’ordre conceptuel et méthodologique. Dans l’édition du 20e anniversaire du Rapport sur le Développement humain, l’Indice d’inégalités de genre a été introduit en tant qu’indicateur expérimental. Tout comme l’IDH continue d’évoluer, l’Indice d’inégalités de genre sera aussi peaufiné.
L’ISD n’était pas une mesure des inégalités de genre. Il s’agissait d’un IDH ajusté en fonction es disparités entre les sexes dans ses composantes de base et il ne peut pas être interprété indépendamment de l’IDH. La différence entre l’IDH et l’ISD semble infime car les différences reflétées dans les trois dimensions ont tendance à être petites, donnant l’impression erronée que les écarts entre les sexes sont sans importance. De plus, les revenus ventilés par sexe sont estimés grossièrement en utilisant des hypothèses qui ne sont pas très réalistes en raison du manque de données sur les revenus ventilées par sexe pour plus des trois quarts des pays.
Tant l’ISD que l’IPF alliaient des réalisations relatives et absolues. La composante des revenus gagnés utilise aussi bien le niveau de revenus que les données ventilées par sexe. Toutefois, les niveaux de revenus tendent à dominer les indices et donc les pays à faible revenu ne peuvent pas obtenir un score élevé même s’ils ont une égalité parfaite entre les sexes dans la répartition des revenus et les autres composantes des indicateurs. Aussi, presque tous les indicateurs de l’IPF reflètent un fort parti pris élitiste, qui rend la mesure plus pertinente pour les pays développés et les élites urbaines dans les pays en développement.
L’Indice d’inégalités de genre introduit des améliorations méthodologiques et des indicateurs de remplacement. Il mesure les inégalités entre les sexes dans trois dimensions à l’aide d’indicateurs choisis soigneusement pour refléter l’état de la santé génésique, l’autonomisation et la participation au marché du travail des femmes par rapport aux hommes. L’Indice d’inégalités de genre associe des éléments de l’ISD et de l’IPF. Le revenu, composante la plus controversée de l’ISD et de l’IPF, n’est pas une composante de l’Indice d’inégalités de genre. Par ailleurs, le nouvel indice ne permet pas qu’une réalisation élevée dans une dimension compense une réalisation faible dans une autre dimension.
L’Indice de pauvreté multidimensionnelle (IPM) identifie les manques multiples au niveau individuel dans la santé, l’éducation et le niveau de vie. Il utilise des données micro à partir des enquêtes sur les ménages, et – contrairement à l’Indice de développement humain ajusté aux inégalités – tous les indicateurs nécessaires à la construction de la mesure doivent provenir de la même enquête. Chaque personne dans un ménage donné est classée comme pauvre ou non pauvre selon son nombre de manques dans le cadre du ménage. Ces données sont ensuite combinées avec la mesure nationale de pauvreté.
Comme l’indique le Rapport sur le développement humain 2011, l’IPM identifie les manques simultanés au niveau des foyers dans les trois mêmes dimensions que dans l’Indice de développement humain (niveaux de vie, santé et éducation) et montre le nombre moyen de personnes pauvres et de manques auxquels les foyers pauvres doivent faire face. Pour plus de détails voir Alkire et Santos 2010.
L’IPM est un groupe ou une série de mesures de la pauvreté. Ces mesures peuvent être ventilées pour montrer la composition de la pauvreté à la fois aux niveaux national, régional et mondial et au sein des pays par groupe ethnique, lieu de résidence urbain ou rural, ainsi que selon d’autres caractéristiques clés comme les ménages et les communautés. C’est pourquoi l’OPHI décrit l’IPM comme un « objectif à haute résolution » sur la pauvreté : il peut être utilisé comme outil analytique pour identifier les manques les plus établis. Les mesures de l’IPM sont expliquées ci-dessous :
Incidence de pauvreté : la proportion de personnes qui sont pauvres selon l’IPM (celles qui subissent des manques dans au moins 33,3% des indicateurs pondérés).
Intensité moyenne de pauvreté : le nombre moyen de manques que subissent les personnes en même temps.
Valeur de l’IPM : la valeur de l’IPM résume les informations sur des manques multiples en un chiffre unique. Il est calculé en multipliant l’incidence de pauvreté par l’intensité moyenne de pauvreté.
Nous avons estimé l’IPM sur une durée donnée et avons mené des analyses de tendances pour quelques pays pour lesquels des données fiables étaient disponibles. Pour des détails supplémentaires, voir page 51 chez Alkire et Santos 2010, et la page 50 du Rapport 2011.
L’ISDH – l’Indice sexospécifique du développement humain – est un indicateur composite qui comme l’IDH mesure les réalisations moyennes d’une population ajustées aux inégalités entre les sexes, et ce au niveau des trois composantes fondamentales du développement humain. Il utilise les mêmes variables que l’IDH, ventilées par sexe. Pour en savoir plus sur le calcul de l’ISDH, veuillez vous reporter au document intitulé
Fiche technique 1 : Calcul des indicateurs du développement humain RMDH 2007/2008 [411 KB].
L’IPF – l’Indicateur de participation des femmes – est un indicateur composite exprimant l’inégalité des sexes dans trois domaines clés :
Pour en savoir plus sur le calcul de l’IPF, veuillez vous reporter au document intitulé
Fiche technique 1 : Calcul des indicateurs du développement humain RMDH 2007/2008 [411 KB].
L’ISDH ne mesure pas l’inégalité des sexes. Il mesure le développement humain en ajustant l’Indicateur du développement humain (IDH) de manière à pénaliser les disparités entre les hommes et les femmes dans ses trois dimensions. Pour illustrer le fait que la participation des femmes ne dépend pas du revenu, il est utile de comparer le classement relatif ISDH au niveau relatif du revenu national. Par exemple :
Les deux indicateurs peuvent également être ventilés pour souligner l’inégalité entre les sexes dans un même pays, celle-ci pouvant varier considérablement d’une région à une autre.
La pauvreté est généralement mesurée en fonction de l’absence de revenus. Cependant, ceci est une définition bien trop étroite. La pauvreté humaine est un concept qui rend compte des nombreuses dimensions de la pauvreté tant dans les pays riches que dans les pays pauvres. C’est la négation des possibilités de choix et des opportunités permettant de mener une vie valant la peine d’être vécue. L’IPH-1 – l’Indicateur de la pauvreté humaine pour les pays en développement et en transition – mesure les privations humaines selon les mêmes trois aspects du développement humain que l’IDH (jouir d’une vie longue et d’une bonne santé, avoir accès au savoir et bénéficier d’un niveau de vie décent). L’IPH-2 – l’Indicateur de la pauvreté humaine pour un groupe choisi de pays de l’OCDE à revenu élevé – comprend, outre les trois dimensions de l’IPH-1, l’exclusion sociale.
Pour l’IPH-1 (pays en développement et en transition), la privation en matière de santé est exprimée par la probabilité à la naissance de ne pas atteindre 40 ans, la privation en matière de savoir par le taux d’analphabétisme des adultes et la privation en matière de niveau de vie décent par deux variables : le pourcentage de personnes n’ayant pas un accès durable à une source d’eau améliorée et le pourcentage d’enfants de moins de cinq ans souffrant d’insuffisance pondérale. Veuillez vous reporter au
Table I1 HDR 2009 [88 KB].
Pour l’IPH-2 (groupe choisi de pays de l’OCDE à revenu élevé), la privation en matière de santé est exprimée par la probabilité à la naissance de ne pas atteindre 60 ans, la privation en matière de savoir par le pourcentage d’adultes sans alphabétisation fonctionnelle, la privation en matière de niveau de vie décent par le pourcentage de personnes vivant en-dessous du seuil de pauvreté (établi à 50 % du revenu moyen ajusté disponible par ménage) et l’exclusion sociale par le pourcentage de personnes en situation de chômage de longue durée (12 mois ou plus). Veuillez vous reporter au
Table I1 HDR 2009 [88 KB].
Pour en savoir plus sur le calcul de l’IPH-1 et de l’IPH-2, veuillez vous reporter au document intitulé
Fiche technique 1 : Calcul des indicateurs du développement humain RMDH 2007/2008 [411 KB].
À attirer l’attention sur les personnes les plus démunies et les privations en matière de capacités humaines fondamentales dans un pays, et non sur les réalisations moyennes au niveau national. L’indicateur de la pauvreté humaine s’intéresse directement au nombre de personnes vivant dans la privation et dresse un tableau très différent des réalisations moyennes au niveau national. Il réoriente également le débat sur la pauvreté autour d’autres facteurs que la seule absence de revenus.
À faire savoir que la pauvreté humaine existe dans tous les pays, qu’ils soient riches ou pauvres. Un revenu élevé par habitant ne signifie pas obligatoirement qu’un pays ne connaît pas la pauvreté. Même les pays les plus riches ne sont pas à l’abri de la pauvreté humaine. Le dernier indice de pauvreté humaine pour les pays de l'OCDE (IPH-2) montre que les niveaux de pauvreté humaine d'un pays comme les États-Unis - dont le revenu par personne est parmi les 5 premiers dans la catégorie - soit le double de la celui de la Suède, un pays pour qui le revenu par personne représente seulement 80 pourcent celui des États-Unis
À orienter les politiques nationales de réduction de la pauvreté. De nombreux rapports nationaux sur le développement humain ventilent maintenant l’IPH par régions ou autres groupes socioéconomiques afin d’identifier les domaines ou les groupes sociaux qui, dans un pays, sont les plus touchés en termes de pauvreté humaine. Les résultats peuvent être spectaculaires, soulevant ainsi des débats nationaux et permettant de reformuler les politiques.
Le manque de données est une contrainte particulière du suivi de l’inégalité entre les sexes et de la pauvreté. Dans le RDH 2007/2008, la couverture de l’IDH est limitée à 157 pays, celle de l’IPF à 93 pays, celle de l’IPH-1 à 108 pays en développement et celle de l’IPH-2 à 19 pays de l’OCDE à revenu élevé (voir également « Pourquoi l'IDH n'est-il pas compilé pour tous les pays membres des Nations Unies ?»).