La prise en compte de l’inégalité dans chaque dimension de l’IDH répond à un objectif énoncé pour la première fois dans le Rapport sur le développement de 1990. L’IDH ajusté aux inégalités (IDHI) est une mesure du développement humain des individus dans une société qui tient compte des inégalités. Sous condition d’égalité parfaite, l’IDH et l’IDHI sont égaux. L’IDH d’une personne « moyenne » dans une société est inférieur à l’IDH global lorsqu’il y a une inégalité dans la distribution de la santé, de l’éducation et du revenu ; plus l’IDHI est bas (et plus sa différence avec l’IDH est grande), plus l’inégalité est forte. Nous appliquons cette mesure à 132 pays.
Les pays ayant un développement humain moindre tendent à avoir de plus fortes inégalités dans un plus grand nombre de dimensions − et de ce fait des déficits plus importants en développement humain.
Pour en savoir plus :
L’IDH représente une moyenne nationale des réalisations du développement humain dans les trois dimensions principales composant l’IDH : santé, éducation et revenu. Comme toutes les moyennes, il masque les disparités de développement humain entre les populations d’un même pays. Deux pays avec des répartitions de réalisations différentes peuvent avoir la même valeur moyenne d’IDH. L’IDHI tient compte non seulement des réalisations moyennes d’un pays en matière de santé, d’éducation et de revenu, mais également de la manière dont ces réalisations sont réparties entre ses citoyens en « déduisant » la valeur moyenne de chaque dimension selon son niveau d’inégalité.
L’IHDI utilise les indicateurs de l’IDH qui se rapportent à 2012 et mesure les inégalités selon les enquêtes sur les ménages de 2002 à 2011 et les tables de vie pour la période 2010 à 2015. La logique est donc d’utiliser l’année de référence des indicateurs de l’IDH, étant donné notamment que nous rapportons les indicateurs et indices ajustés en fonction des inégalités dans les tables.
Si l’IDH peut être considéré comme un indice du développement humain « potentiel » qui pourrait être obtenu si les réalisations étaient réparties de façon équitable, l’IHDI est le niveau réel du développement humain (tenant compte des inégalités dans la répartition des réalisations à travers les populations au sein d’une société). L’IHDI sera égal à l’IDH lorsqu’il n’existera pas d’inégalités dans la répartition des réalisations à travers les populations au sein d’une société, mais il sera inférieur à l’IDH au fur et à mesure qu’augmenteront les inégalités. La perte de développement humain potentiel due aux inégalités est la différence entre l’IDH et l’IHDI, exprimée sous forme de pourcentage.
L’indice de Gini est généralement utilisé comme une mesure des inégalités de revenu, de consommation ou encore de richesse. Il y a eu une tentative d’application de l’indice de Gini pour mesurer les inégalités multidimensionnelles (Hicks, 1998). Le choix de l’indice d’Atkinson était influencé par trois facteurs : (i) la cohérence des sous-groupes, (ii) l’insistance sur les inégalités dans la partie inférieure de la répartition et (iii) la simplicité du calcul et l’élégance mathématique de l’Indice composite de Développement humain ajusté aux inégalités qui en résulte.
(i) La cohérence des sous-groupes signifie que si les inégalités baissent dans un sous-groupe (région, groupe, ethnique, etc.) et demeure identique dans le reste de la population, alors les inégalités globales diminuent. Le coefficient de Gini n’offre pas cette éventualité.
(ii) Par sa construction, le coefficient de Gini place des pondérations égales sur la répartition entière, tandis que l’indice d’Atkinson place plus de poids sur la partie inférieure, permettant une meilleure représentation de la mortalité infantile, de l’analphabétisme et de la pauvreté de revenu.
Enfin, la forme géométrique de l’IDH conjuguée à l’indice d’Atkinson fournit un IDHI composite indépendant de la configuration simple et élégant, obtenu en calculant d’abord les inégalités pour chaque dimension et ensuite entre les dimensions, ce qui implique donc qu’il puisse être calculé en associant des donnés de sources différentes (tables de mortalité et différentes enquêtes sur l’éducation et le revenu).De par leur propre nature, le revenu et la consommation donnent des niveaux d’inégalités différents, les inégalités de revenu étant supérieures aux inégalités de consommation. Le revenu semble correspondre plus naturellement à la notion de « maîtrise des ressources ». Les données de la consommation sont sans doute plus exactes dans les pays en développement, où elles sont moins faussées par des valeurs élevées, et reflètent directement la conversion des ressources. Les données sur le revenu posent aussi des problèmes techniques en raison de la présence accrue de valeurs nulles et négatives. Dans un monde idéal, on utiliserait invariablement soit les données sur le revenu soit celles sur la consommation pour estimer les inégalités. Toutefois, afin d’obtenir une couverture internationale suffisante, il a fallu utiliser les deux. Les estimations finales sont légèrement influencées par l’utilisation de données sur le revenu ou sur la consommation.