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Rapports sur le développement humain - Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)

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EN VEDETTE

Rapport 2013

L'essor du Sud : le progrès humain dans un monde diversifié
est disponible en téléchargement gratuit

Indice de la pauvreté multidimensionnelle (IPM)

Tout comme le développement, la pauvreté est multidimensionnelle − mais ceci est traditionnellement ignoré par les chiffres des gros titres. Le Rapport 2010 introduit l’indice de pauvreté multidimensionnelle (IPM) qui complémente les mesures basées sur le revenu en considérant les déprivations multiples et leur superposition. L’indice identifie les déprivations au travers des mêmes trois dimensions que celles considérées par l’IDH et indique le nombre de gens qui sont pauvres (souffrant d’un nombre donné de déprivations) et le nombre de déprivations que les ménages pauvres confrontent. Il peut être explosé par région, ethnicité, et en d’autres groupes, ainsi que par dimension, ce qui en fait un outil approprié pour les décideurs.

MPI_FR_Figure

Environ 1,7 milliard de personnes dans les 109 pays couverts par l’IPM − un tiers de leur population − vivent dans une pauvreté multidimensionnelle ; il s’agit là des pays où au moins 33% des indicateurs indiquent une déprivation sévère en termes de santé, d’éducation ou de niveau de vie. Ce chiffre dépasse les 1,3 milliard d’habitants de ces pays vivant avec moins de 1,25 $ par jour (bien que cela soit inférieur à la proportion de personnes vivant avec 2 $ ou moins).

Lire la suite:

  • Notes techniques RDH 2013 [260 KB]
  • List of surveys used for the 2012 MPI estimation [90 KB]

Foire aux Questions (FAQ) sur l'Indice de la pauvreté multidimensionnelle (IPM)

  • Qu’est-ce que l’Indice de pauvreté multidimensionnelle (IPM) ?

L’Indice de pauvreté multidimensionnelle (IPM) identifie les manques multiples au niveau individuel dans la santé, l’éducation et le niveau de vie. Il utilise des micro-données obtenues à partir des enquêtes sur les ménages, et – contrairement à l’Indice de Développement humain ajusté aux inégalités – tous les indicateurs nécessaires pour élaborer cette mesure doivent provenir de la même enquête. Chaque personne dans un ménage donné est classée comme pauvre ou non pauvre selon le nombre de manques vécu par son ménage. Ces données sont ensuite associées dans la mesure nationale de la pauvreté.

L’IPM reflète à la fois l’incidence du manque multidimensionnel et son intensité – combien de manques les individus subissent en même temps. Il peut être utilisé pour créer une image exhaustive des individus vivant dans la pauvreté, et permet des comparaisons à la fois entre les pays, les régions et dans le monde et également au sein des pays par groupes ethniques, emplacement géographique urbain ou rural, ainsi que parmi d’autres caractéristiques clés des ménages et des communautés. L’IPM s’appuie sur les progrès récents en matière de théorie et de données pour présenter la première mesure mondiale de ce genre et offre un complément de valeur aux mesures de la pauvreté basées sur le revenu. Le Rapport sur le développement humain (RDH) 2013 présente des estimations pour 104 pays avec une  population totale de 5,4 milliards (76% de la population mondiale). Environ 1,6 milliard de personnes dans les pays couverts - 30% de leur population totale - connaissaient des conditions de pauvreté multidimensionnelle entre 2002 et 2011.

  • Que mesure l’IPM ?

L’IPM identifie les manques simultanés au niveau des ménages dans les trois mêmes dimensions que dans l’Indice de développement humain (niveaux de vie, santé et éducation) et montre le nombre moyen de personnes pauvres et de manques auxquels les ménages pauvres doivent faire face. Pour plus de détails voir Alkire et Santos 2010.

  • Pourquoi l’IPM est-il meilleur que l’Indice de pauvreté humaine (IPH), utilisé précédemment dans les Rapports sur le développement humain ?
L’IPM a remplacé l’IPH, publié de 1997 à 2009. Même s’il a joué un rôle pionnier à son époque, l’IPH utilisait les moyennes nationales pour refléter les manques combinés dans les domaines de la santé, de l’éducation et du niveau de vie. Il ne pouvait pas identifier spécifiquement des individus, des ménages ou des groupes d’individus plus grands comme étant en situation de manques simultanés. L’IPM aborde cette lacune en présentant le nombre de personnes subissant des manques simultanés (incidence) et le nombre de manques auxquels elles font face en moyenne (intensité). L’IPM peut être ventilé par indicateur pour montrer comment la composition de la pauvreté multidimensionnelle est différente pour divers groupes ethniques, régions ou autres – avec des implications utiles en matière de politiques.
  • Qu’est-ce qui rend un ménage pauvre de manière «multidimensionnelle » ?
Un manque unique peut ne pas signifier nécessairement la pauvreté. L’IPM fait état de manque de la part d’un ménage selon des indicateurs multiples en même temps. Une personne est pauvre de manière « multidimensionnelle » si les indicateurs pondérés dans lesquels elle subit des manques s’élèvent au moins à 33%.
  • Pourquoi le revenu n’y est-il pas inclus ?
Nous ne pouvions pas inclure le revenu étant donné les lacunes en matière de données. Les données sur la pauvreté en termes de revenus proviennent d’études variées, et ces études ne recensent pas souvent des informations sur la santé et l’alimentation. Pour la majorité des pays nous ne sommes pas capables d’identifier si les mêmes personnes sont pauvres en termes de revenus et également subissent des manques dans tous les indicateurs de l’IPM donc il était plus judicieux de ne pas inclure le revenu.
  • Pourquoi l’autonomisation n’est-elle pas incluse ?
Nous ne pouvions pas inclure l’autonomisation étant donné les lacunes en matière de données. Les Enquêtes démographiques et de santé (EDS) collectent des données sur l’autonomisation des femmes pour certains pays, mais ce ne sont pas toutes les EDS qui comprennent l’autonomisation, et les autres enquêtes ne disposent pas de ces données. Les données sur l’autonomisation des hommes ou la liberté politique sont absentes.
  • Quelles données sont utilisées dans l’IPM ?
L’IPM s’appuie sur trois série de données principales disponibles publiquement et comparables pour la plupart des pays en développement : l’Enquête démographique et de Santé (EDS), l’Enquête par grappes à indicateurs multiples (MICS) et l’Enquête sur la Santé mondiale (WHS). Voir : List of surveys used for 2011 MPI estimations [123 KB].
  • Qu’est-ce qui rend un ménage pauvre de manière «multidimensionnelle » ?

Nous ne pouvions pas inclure d’autres pays étant donné les lacunes en matière de données. Les données comparables sur chacun des indicateurs n’étaient pas disponibles pour les autres pays en développement.

  • Pourquoi les données nationales pour l’IPM datent-elles d’années aussi diverses ? N’est-il pas anormal de comparer des pays si les statistiques pour l’un remontent à cinq and se plus que pour un autre ?
L’IPM s’appuie sur les données les plus récentes et les plus fiables disponibles depuis 2000. Néanmoins les études s’appuient sur des années différentes, et certains pays ne disposent pas de données récentes. Pour quatre-vingt-deux (82) pays elles remontent à 2005 ou plus récemment ; pour vingt-et-un (21) pays à 2003 ou 2004, et pour six (6) pays à 2000-2002. Cette différence d’années limite les comparaisons directes entre pays si les circonstances se sont améliorées ou détériorées dans le laps de temps écoulé.
  • Pourquoi existe-t-il autant d’écart entre les estimations de pauvreté de l’IPM et les estimations de pauvreté à $1,25 par jour dans de nombreux pays ?
L’IPM complète les mesures de pauvreté de revenu. Il mesure les manques divers directement. En pratique, bien qu’il y ait un lien global clair entre l’IPM et la pauvreté à US$1,25 par jour, les estimations diffèrent pour de nombreux pays. C’est une question qui nécessite des recherches supplémentaires, mais on peut penser que parmi les réponses on trouvera la qualité des services publics, ainsi que différentes capacités à transformer les revenus en résultats tels qu’une bonne alimentation.
  • Pourquoi le dénombrement de l’IPM sont-elles plus élevées que les estimations de pauvreté nationales dans certains pays ?
L’IPM, comme la base de 1,25 USD par jour, est une mesure de comparaison mondiale de la pauvreté. Il mesure la pauvreté multidimensionnelle aigue, et inclue seulement des indicateurs disponibles pour de nombreux pays. Les mesures nationales de pauvreté sont des mesures en général monétaires, et représentent donc quelque chose de différent. Le fait qu’il y ait des différences ne signifie pas que le chiffre de pauvreté nationale ou que le dénombrement du IPM est erroné – simplement ils mesurent des conceptions différentes de la pauvreté. En même temps, tout comme les mesures de pauvreté nationale, au contraire, sont conçues pour refléter la situation nationale plus précisément et diffèrent souvent de façon très utile de la mesure des 1,25 USD, certains pays voudront peut-être élaborer un indice de pauvreté multidimensionnelle national adapté à leur contexte, afin de compléter cet IPM international.
  • L’IPM va-t-il remplacer la mesure de pauvreté standard de $1,25 par jour utilisée par les OMD et d’autres applications internationales ?
Non. L’IPM a pour ambition de compléter les mesures monétaires de la pauvreté, y compris les estimations d’1,25 USD par jour. Le lien entre ces mesures, ainsi que leurs implications en matière de politiques et les améliorations méthodologiques, sont des priorités pour des recherches ultérieures.
  • Quelles sont les implications en matière de politiques de l’IPM ?
La méthodologie de l’IPM présente les aspects dans lesquels les pauvres subissent des manques et aide à montrer les liens entre ces manques. Ceci permet aux responsables de cibler les ressources et d’élaborer des politiques plus efficaces. C’est particulièrement utile quand l’IPM révèle des domaines ou groupes caractérisés par des manques graves. Parmi les exemples concrets de ces pratiques on trouve le programme mexicain de ciblage de la pauvreté, présenté dans le Rapport sur le Développement humain 2011.
  • L’IPM est décrit comme une mesure de la pauvreté aigue. Quelle différence avec la pauvreté extrême ?
L’IPM reflète les manques graves que subissent les individus de manière simultanée. Parce qu’il a été conçu pour faire des comparaisons entre les pays en développement, il est plus pertinent pour les pays moins avancés. Nous avons décrit l’IPM comme une mesure de la pauvreté « aigue » pour éviter la confusion avec la mesure de la pauvreté « extrême » de la Banque mondiale qui couvre les individus vivant avec moins d’1,25 USD par jour.
  • Comment interpréter les diverses valeurs présentées avec les résultats de l’IPM ?

L’IPM est un groupe ou une série de mesures de la pauvreté. Ces mesures peuvent être ventilées pour montrer la composition de la pauvreté à la fois aux niveaux national, régional et mondial et au sein des pays par groupe ethnique, lieu de résidence urbain ou rural, ainsi que selon d’autres caractéristiques clés comme les ménages et les communautés. C’est pourquoi l’OPHI décrit l’IPM comme un « objectif à haute résolution » sur la pauvreté : il peut être utilisé comme outil analytique pour identifier les manques les plus établis. Les mesures de l’IPM sont expliquées ci-dessous :

Incidence de pauvreté : la proportion de personnes qui sont pauvres selon l’IPM (celles qui subissent des manques dans au moins 33,3% des indicateurs pondérés).

Intensité moyenne de pauvreté : le nombre moyen de manques que subissent les personnes en même temps.

Valeur de l’IPM : la valeur de l’IPM résume les informations sur des manques multiples en un chiffre unique. Il est calculé en multipliant l’incidence de pauvreté par l’intensité moyenne de pauvreté.

  • Où se situe l’IPM par rapport aux Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) ?
Les indicateurs de l’IPM sont tirés des OMD dans la mesure où les données disponibles comparables internationalement le permettent. Les dix indicateurs de l’IPM sont identiques, ou liés, aux indicateurs des OMD : alimentation (OMD 1), mortalité infantile (OMD 4), accès à l’eau potable (OMD 7), accès aux installations sanitaires (OMD 7) et utilisation d’une meilleure source de combustible pour la cuisine (OMD 9). L’IPM global peut être ventilé en divers éléments, révélant les besoins simultanés des familles et des communautés sur toute une gamme d’indicateurs qui sont très souvent présentés de manière isolée. Ceci aidera les responsables à voir où se trouvent les problèmes et comment faire pour les résoudre.
  • Quelles sont les principales limites de l’IPM ?
L’IPM a quelques inconvénients, dus principalement aux lacunes en matière de données. Premièrement, les indicateurs comprennent à la fois des résultats (tels que les années de scolarisation) et des composants (tels que le combustible pour la cuisine) ainsi qu’un indicateur des stocks (mortalité infantile, qui pourrait refléter un décès récent ou ancien), car les données ne sont pas disponibles pour l’ensemble des dimensions. Deuxièmement, les données sur la santé ne sont pas précises et négligent les manques de certains groupes en particulier pour l’alimentation, bien que les modèles émergents soient plausibles et familiers. Troisièmement, dans certains cas il a fallu être prudent en traitant des données manquantes. Mais pour être considéré comme pauvres de manière « multidimensionnelle », les ménages doivent subir des manques dans au moins six indicateurs de niveau de vie ou dans trois indicateurs de niveau de vie et un indicateur de santé ou d’éducation. Cette condition rend l’IPM moins sensible aux petites imprécisions. Quatrièmement, comme on le sait, les inégalités au sein d’un ménage peuvent être importantes, mais il n’est pas possible de refléter cela. Cinquièmement, même si l’IPM va bien au-delà d’un simple dénombrement pour inclure l’intensité de la pauvreté subie, il ne mesure pas les inégalités parmi les pauvres, bien que des ventilations par groupe puissent être utilisées pour révéler des inégalités basées sur des groupes spécifiques. Enfin, les estimations présentées ici sont basées sur des données publiquement disponibles et couvrent diverses années entre 2000 et 2010, ce qui limite les comparaisons directes entre pays.
  • Comment l’approche de l’IPM est-elle utile au niveau national ?
L’approche de pauvreté multidimensionnelle peut être adaptée en utilisant les indicateurs et les pondérations pertinentes au niveau national pour créer des mesures de la pauvreté nationale sur mesure. L’IPM peut être utile comme guide pour aider les gouvernements à élaborer une mesure de la pauvreté qui reflète les données et indicateurs locaux multiples. En 2009 le Mexique est devenu le premier pays à adopter une mesure de pauvreté multidimensionnelle reflétant les manques multiples au niveau des ménages.
  • Les indicateurs peuvent-ils être adaptés au niveau national ?
Oui. Les estimations mondiales de l’IPM sont limitées par le besoin de comparabilité. Les équipes nationales devraient utiliser des indicateurs et des pondérations pertinents. Au niveau national, cependant, l’approche de pauvreté multidimensionnelle pour évaluer les manques au niveau des ménages peut être retravaillée en utilisant des données et indicateurs spécifiques au pays pour offrir un tableau plus précis de la pauvreté au niveau national.
  • L’IPM peut-il être adopté pour des programmes nationaux d’élimination de la pauvreté ?
Oui. La méthodologie de l’IPM peut et doit être modifiée pour produire des Mesures de Pauvreté multidimensionnelle nationales qui reflètent les facteurs locaux aux niveaux culturel, économique, climatique et autres. L’IPM international a été conçu comme un outil analytique pour comparer la pauvreté aigue entre les nations.
  • Comment l’IPM réagit-il aux changements sur une période donnée ?

Nous avons estimé l’IPM sur une durée donnée et avons mené des analyses de tendances pour quelques pays pour lesquels des données fiables étaient disponibles. Pour des détails supplémentaires, voir page 51 chez Alkire et Santos 2010, et la page 50 du Rapport 2011.

  • Comment l’IPM réagit-il aux effets des chocs ?
Les effets des chocs sont difficiles à représenter dans quelque mesure de la pauvreté que ce soit. Etant donné que les données des études standard utilisées pour estimer la mesure mondiale sont collectées peu fréquemment, la capacité à détecter les changements est limitée aux données disponibles. L’IPM reflètera les impacts des chocs si par exemple ils forcent les enfants à sortir du système d’enseignement primaire ou à souffrir de malnutrition. Si des données plus fréquentes sont disponibles aux niveaux national ou local, elles peuvent être utilisées pour chercher à représenter les effets de chocs économiques ou autres à une plus grande échelle.
  • L’IPM deviendra-t-il un élément des RDH annuels du PNUD ?
L’IPM est une des trois nouvelles séries expérimentales lancées en 2010, avec l’Indice de Développement humain ajusté aux inégalités et l’Indice des Inégalités entre les Sexes - Gender Inequality Index. Il sera révisé et amélioré d’après le retour d’information et la disponibilité des données. On s’attend à ce que chaque rapport annuel mette à jour les estimations quand les données le permettent.

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Rapport 2013

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