Tout comme le développement, la pauvreté est multidimensionnelle − mais ceci est traditionnellement ignoré par les chiffres des gros titres. Le Rapport 2010 introduit l’indice de pauvreté multidimensionnelle (IPM) qui complémente les mesures basées sur le revenu en considérant les déprivations multiples et leur superposition. L’indice identifie les déprivations au travers des mêmes trois dimensions que celles considérées par l’IDH et indique le nombre de gens qui sont pauvres (souffrant d’un nombre donné de déprivations) et le nombre de déprivations que les ménages pauvres confrontent. Il peut être explosé par région, ethnicité, et en d’autres groupes, ainsi que par dimension, ce qui en fait un outil approprié pour les décideurs.

Environ 1,7 milliard de personnes dans les 109 pays couverts par l’IPM − un tiers de leur population − vivent dans une pauvreté multidimensionnelle ; il s’agit là des pays où au moins 33% des indicateurs indiquent une déprivation sévère en termes de santé, d’éducation ou de niveau de vie. Ce chiffre dépasse les 1,3 milliard d’habitants de ces pays vivant avec moins de 1,25 $ par jour (bien que cela soit inférieur à la proportion de personnes vivant avec 2 $ ou moins).
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L’Indice de pauvreté multidimensionnelle (IPM) identifie les manques multiples au niveau individuel dans la santé, l’éducation et le niveau de vie. Il utilise des micro-données obtenues à partir des enquêtes sur les ménages, et – contrairement à l’Indice de Développement humain ajusté aux inégalités – tous les indicateurs nécessaires pour élaborer cette mesure doivent provenir de la même enquête. Chaque personne dans un ménage donné est classée comme pauvre ou non pauvre selon le nombre de manques vécu par son ménage. Ces données sont ensuite associées dans la mesure nationale de la pauvreté.
L’IPM reflète à la fois l’incidence du manque multidimensionnel et son intensité – combien de manques les individus subissent en même temps. Il peut être utilisé pour créer une image exhaustive des individus vivant dans la pauvreté, et permet des comparaisons à la fois entre les pays, les régions et dans le monde et également au sein des pays par groupes ethniques, emplacement géographique urbain ou rural, ainsi que parmi d’autres caractéristiques clés des ménages et des communautés. L’IPM s’appuie sur les progrès récents en matière de théorie et de données pour présenter la première mesure mondiale de ce genre et offre un complément de valeur aux mesures de la pauvreté basées sur le revenu. Le Rapport sur le développement humain (RDH) 2013 présente des estimations pour 104 pays avec une population totale de 5,4 milliards (76% de la population mondiale). Environ 1,6 milliard de personnes dans les pays couverts - 30% de leur population totale - connaissaient des conditions de pauvreté multidimensionnelle entre 2002 et 2011.
L’IPM identifie les manques simultanés au niveau des ménages dans les trois mêmes dimensions que dans l’Indice de développement humain (niveaux de vie, santé et éducation) et montre le nombre moyen de personnes pauvres et de manques auxquels les ménages pauvres doivent faire face. Pour plus de détails voir Alkire et Santos 2010.
Nous ne pouvions pas inclure d’autres pays étant donné les lacunes en matière de données. Les données comparables sur chacun des indicateurs n’étaient pas disponibles pour les autres pays en développement.
L’IPM est un groupe ou une série de mesures de la pauvreté. Ces mesures peuvent être ventilées pour montrer la composition de la pauvreté à la fois aux niveaux national, régional et mondial et au sein des pays par groupe ethnique, lieu de résidence urbain ou rural, ainsi que selon d’autres caractéristiques clés comme les ménages et les communautés. C’est pourquoi l’OPHI décrit l’IPM comme un « objectif à haute résolution » sur la pauvreté : il peut être utilisé comme outil analytique pour identifier les manques les plus établis. Les mesures de l’IPM sont expliquées ci-dessous :
Incidence de pauvreté : la proportion de personnes qui sont pauvres selon l’IPM (celles qui subissent des manques dans au moins 33,3% des indicateurs pondérés).
Intensité moyenne de pauvreté : le nombre moyen de manques que subissent les personnes en même temps.
Valeur de l’IPM : la valeur de l’IPM résume les informations sur des manques multiples en un chiffre unique. Il est calculé en multipliant l’incidence de pauvreté par l’intensité moyenne de pauvreté.
Nous avons estimé l’IPM sur une durée donnée et avons mené des analyses de tendances pour quelques pays pour lesquels des données fiables étaient disponibles. Pour des détails supplémentaires, voir page 51 chez Alkire et Santos 2010, et la page 50 du Rapport 2011.