2009 Report
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Afrique en ligne
Banjul, Gambie - Les pauvres "sont les principales victimes du
changement climatique dans le monde d'aujourd'hui", a estimé, à Banjul,
la coordinatrice résidente des Nations unies et représentante du
Prgogramme des Nations unies pour le développement (PNUD) en Gambie,
Mme Chinwe M. Dike.
S'exprimant à l'occasion du premier symposium national de la
Gambie, convoqué autour du thème "la lutte contre le changement
climatique, la solidarité humaine change le monde", Mme Dike a déclaré
que si les démunis sont vulnérables, "demain, c'est toute l'humanité
qui sera confrontée aux risques liés au réchauffement du globe".
Elle
a déclaré que la rapide accumulation des gaz à effet de serre dans
l'atmosphère terrestre modifie de manière fondamentale les prévisions
climatiques pour les générations futures.
"Nous allons atteindre
le 'tournant'", a averti Mme Dike, tout en ajoutant que “ce sont là des
événements imprévus et non linéaires qui pourraient ouvrir la voie à
des catastrophes écologiques, notamment l'accélération de
l'effondrement des grands glaciers du monde, transformer les systèmes
d'établissement humain et compromettre la viabilité des économies
nationales.
“Notre génération risque de ne pas vivre assez
longtemps pour assister aux conséquences de ces événements, mais nos
enfants et nos petits enfants n'aurons pas d'autre choix que de vivre
avec”.
Elle a ensuite expliqué que "l'aversion que suscitent
aujourd'hui la pauvreté et les inégalités ainsi que les risques de
catastrophes futures justifie amplement la prise de mesures urgentes.”
Mme
Dike a indiqué le monde a certainement perdu beaucoup de temps, une
denrée pourtant très précieuse, à débattre afin de déterminer si le
changement climatique est dangereux ou si la réalité du changement
climatique été établie par des moyens scientifiques, estimant ensuite
qu'il est important d'adopter une démarche urgente pour traiter,
amortir et atténuer le phénomène.”
Elle a insisté sur la longue rémanence des gaz à effet de serre une fois qu'ils sont émis.
Notant
qu'il n'existe pas de méthode radicale pour réduire les stocks
accumulés, la responsable des Nations Unies a laissé entendre que les
populations du 22ème siècle vivront avec les conséquences des émissions
de gaz, étant donné que “nous vivons encore aujourd'hui avec les
conséquences des émissions de gaz de la révolution industrielle. Ce
phénomène est qualifié de "réaction a retardement" et illustre
l'urgence de la réduction des émissions dans les meilleurs délais, car
les émissions ne s'évaporent pas facilement et qu'ils prolongent le
changement climatique, qui est un phénomène dangereux.
Elle a
averti que même une importante atténuation des effets du changement
climatique ne permettra pas de modifier radicalement les températures
avant l'an 2030.
"Si nous voulons nous débarrasser des émissions
actuelles", a déclaré Mme Dike, "il convient de suivre un schéma
d'émission durable pendant plusieurs décennies", tout en accusant les
nations riches du monde de n'avoir pas réalisé les objectifs
internationaux fixés en ce qui concerne la réduction des gaz à effet de
serre, jugés responsables du réchauffement climatique.
Les
tendances actuelles, a-t-elle poursuivi, soulignent la responsabilité
des pays riches, qui ne semblent pas engagés sur la voie du respect des
objectifs fixés par le Protocole de Kyoto pour 2012 en matière
d'émissions.
Elle a noté qu'un rapport consacré aux gaz à effet
de serre révèle que les pays nantis sont aussi les plus importants
émetteurs de gaz carbonique du monde.
Citant le rapport, elle a
fait valoir que les 19 millions d'habitants de l'Etat de New York, aux
Etats-Unis, produisent plus de gaz carbonique que les 776 millions
d'habitants des 50 pays les moins développés.
Elle a affirmé aux
participants au forum que le rapport révèle l'existence d'une relation
inverse entre la responsabilité du phénomène du changement climatique
et la vulnérabilité à ses impacts.
Mme Dike a, par ailleurs,
fait observer que la Grande-Bretagne a dépensé 26 millions de dollars
US environ en une semaine pour contrer les effets des inondations.
L'Afrique,
a-t-elle encore fait remarquer, souffre des premiers effets du
changement climatique, qui se manifeste par des sécheresses fréquentes
et graves, des inondations et des pluies, précisant que les récentes
calamités climatiques et autres catastrophes y relatives enregistrées
dans différentes parties de la Gambie constituent des éléments de
preuve suffisants pour démontrer que Banjul n'est pas épargnée par les
effets du changement climatique.
Dans son intervention, le
ministre gambien de la Foresterie et de l'Environnement, M. Momodou A.
Cham, a affirmé que, depuis qu'il a ratifié la Convention des Nations
Unies sur les Changements climatiques, son pays s'est fortement
impliqué dans la préparation de la documentation, des évaluations et de
l'élaboration des plans d'action concernant le développement durable.
M.
Cham a noté que 23% de la population africaine souffre de contraintes
liées à l'approvisionnement en eau, tandis que 1,8 milliard d'habitants
sont menacés par un tel risque.
Il a averti que, pour la
première fois en 11.000 ans, la calotte glacière du Mont Kilimandjaro
pourrait disparaître d'ici l'an 2020.
M. Cham a ensuite averti
que l'on pourrait assister à un important recul des habitats du
crocodile nain et du balbuzard pêcheur si la Gambie commettait l'erreur
de ne pas se doter des capacités nécessaires à la prise en charge des
conséquences du changement climatique.
Banjul - 07/10/2008
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