Culture Femme
Un rapport du
PNUD (Programme des Nations Unies pour le développement) vient
bousculer l’opinion communément admise en occident sur l’immigration.
Celle-ci est généralement vue (ou du moins traitée dans les médias)
comme un facteur de tensions, certains politiques n’hésitant pas à en
faire un argument électoral. Le migrant, l’étranger, devient celui qui
fait peur, celui qui envahit sans rien apporter en retour. Cette idée
est battue en brèche par le rapport "Lever les barrières : mobilité et
développement humains" du PNUD.
Publié 5 octobre, le rapport du PNUD entend offrir les outils pour
mieux gérer la mobilité humaine en posant des principes et des lignes
directrices. Pour l’instance onusienne, la mobilité des hommes est
inévitable, et notre monde compterait près d’un milliard de migrants.
Premier poncif à tomber : les migrations les plus importantes ne
concernent pas les étrangers, mais sont internes. Le PNUD estime à 740
millions sur un milliard, le nombre de personnes considérées comme
migrants internes. Le pourcentage de personnes quittant leur pays
d’origine, pour un autre, n’est donc que de 25%. Le rapport continue en
indiquant que moins de 30% de migrants se déplacent d’un pays en
développement vers un pays développé.
La migration est un atout pour le pays d’accueil : les migrants en général, donnent plus qu’ils ne reçoivent
Selon le rapport du PNUD, la migration "peut améliorer le
développement humain pour les personnes migrantes, pour les communautés
d’accueil et celles de départ", car "les migrants développent
l’activité économique et donnent plus qu’ils ne reçoivent". Le rapport
souligne ainsi que l’impact des migrants sur les finances publiques,
aussi bien nationales que locales du pays d’accueil, est certes
relativement faible, mais le pays d’accueil gagne en termes de
diversité sociale et capacité d’innovation. Du côté inverse, les
migrants internationaux qui partent d’un pays sous-développé, vers un
pays riche, voit leur revenu multiplié en moyenne par 15. Avantage
indéniable pour eux aussi, en ce qui concerne la scolarisation ou la
mortalité infantile, qui peut se retrouver divisée par 16 après une
migration vers un pays développé.
Les migrants des pays pauvres participent fortement au développement de leur pays d’origine
Selon le rapport du PNUD : "les transferts de fonds envoyés par les
migrants dépassent l’aide officielle". Les migrants participent aussi à
réduire la fertilité dans leur pays d’origine, à augmenter le taux de
scolarisation, et à pousser vers le haut le processus d’autonomie des
femmes.
Revoir les politiques migratoires actuelles, trop répressives
Pour le rapport du Programme des Nations Unies pour le
développement, les politiques ouvertement antimigratoires actuelles
doivent être revues, afin de lever les barrières à la mobilité humaine.
Le rapport du PNUD préconise d’ouvrir les voies d’entrée existantes à
davantage de travailleurs, de garantir le respect des droits humains
fondamentaux des migrants (éducation, santé, droit de vote). Le PNUD
préconise aussi de réduire les coûts des démarches liées à la
migration, de trouver des solutions concertées bénéfiques pour les pays
d’accueil comme pour les migrants, et d’intégrer la migration dans les
stratégies de développement des pays d’origine. Enfin, le PNUD
recommande d’éradiquer les obstacles à la mobilité interne. Mais, le
rapport du PNUD reconnaît aussi que malgré ses apports bénéfiques pour
toutes les parties, la migration ne saurait être à elle seule une
solution au développement. ©Culturefemme.com
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