Télévision Togolaise
Le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) au Togo a présenté le jeudi 17 décembre à Lomé, son 19e rapport mondial sur le développement humain placé sous le thème, « Lever les barrières : mobilité et développement humains ».
Ce rapport de 237 pages, dernier d’une série de rapports mondiaux sur le développement humains, vise à centrer certains sujets préoccupants, depuis le changement climatique jusqu’aux droits de l’Homme afin d’attirer l’attention de la communauté internationale sur les défis du développement. Il a été présenté par le Pr Mensah Nouredine Anani, premier vice doyen de la FASEG à l’Université de Lomé et Mme Bougonou Zannou Jeanne économiste nationale au PNUD.
Le rapport analyse de façon objective les impacts positifs de la migration pour les pays en développement, les entraves de la libre circulation de ceux qui quittent leurs pays et familles à la recherche de meilleures conditions de vie et fait des recommandations aux politiques et institutions à intégrer la mobilité dans leurs programmes de développement global pour que l’humanité tire profit de ce phénomène qui est une dimension de la liberté humaine. Il affirme que la migration qui contribue à l’amélioration de la vie des Africains, se heurte à d’importants obstacles notamment le passage des frontières. Le développement humain gagnerait plus par la levée de ces contraintes et l’amélioration du traitement des migrants.
Le rapport souligne également que les pays d’origine des migrants profitent de plusieurs façons du phénomène surtout par le transfert des fonds dont le volume est quatre fois supérieur à celui de l’aide publique au développement. Il mentionne que l’exode de la main d’oeuvre qualifiée ou « l’exode des cerveaux » constitue un sujet préoccupant pour les Nations Unies citant le cas des émigrations des médecins qui est de plus de 40 % au Togo, cap Vert, Congo et Erythrée. Le rapport montre que l’amélioration des services par le truchement de réformes institutionnelles et la revalorisation des salaires dans les pays du sud pourraient constituer des solutions à long terme à ce phénomène. Il estime par contre que si la migration est de nature à accélérer le développement humain durable des pays africains, elle ne peut cependant se substituer au développement de l’économie nationale.
Il conclut en disant qu’« au cas où les questions de mobilité ne seraient pas abordées, le progrès du développement humain risque d’être ralenti aux niveaux individuel, communautaire, national et international ».
Dans son lancement, le ministre de la Coopération, du Développement et de l’Aménagement du Territoire, Gilbert Bawara a indiqué que le gouvernement togolais est conscient de ce phénomène qui a aussi bien des avantages que des inconvénients pour les pays en développement. Il a souligné que le gouvernement est en train d’élaborer avec le concours du système des Nations- Unies au Togo, des programmes pouvant permettre à la diaspora togolaise de revenir travailler ou investir pour le développement du pays. Le ministre Bawara a remercié le PNUD et lui a rassuré que le Togo fera siennes les recommandations contenues dans ce rapport.
Pour sa part, la représentante résidente du PNUD au Togo, Rosine Sori Coulibaly a déclaré que l’immigration interne et internationale constitue un facteur stimulant de l’économie des pays en développement par les transferts de fonds des migrants. « Il importe donc de mener des reformes afin de mieux gérer la mobilité humaine qui de tout temps est inévitable » a -t-elle ajouté.
ATOP/TAL/EAE/WJ
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