Le matin
Le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) prône, dans son dernier rapport sur le développent humain, la mobilité et la levée des barrières entre les différents Etats afin d'augmenter la liberté des populations et d'améliorer la vie de millions de personnes dans le monde.
Le Rapport mondial sur le développement humain (RMDH) 2009, présenté à
Paris, par Papa Seck, expert en statistiques au bureau du Pnud à New
York et Mme Cécile Molinier, directrice du bureau de cette agence
onusienne à Genève, démontre que la migration peut améliorer le
développement humain pour les personnes migrantes, pour les communautés
d'accueil et celles de départ.
Intitulé «Lever les barrières :
mobilité et développement humain», le RMDH 2009 apporte un éclairage
nouveau à certaines idées reçues : La plupart des migrants ne
franchissent pas les frontières nationales. Ils se déplacent à
l'intérieur de leur pays.
Ainsi, 740 millions de personnes sont
des migrants internes, soit plus de trois fois le nombre de migrants
internationaux. Parmi ceux-ci, moins de 30% se déplacent d'un pays en
développement vers un pays développé. A titre d'exemple, seuls 3% des
Africains vivent en dehors de leur pays de naissance.
Selon
l'administrateur du Pnud, Mme Helen Clark, «la migration est une force
sur laquelle il faut compter, qui peut contribuer de manière
significative au développement humain».
Pour les pays d'origine
des migrants, la mobilité de leurs citoyens apportent souvent des
connaissances et des ressources nouvelles qui complètent voire
améliorent le développement humain et économique de ces pays.
Cependant,
le rapport ne défend pas une libéralisation à tous crins, mais il
soutient une augmentation de l'accès aux secteurs ayant une forte
demande de main-d'œuvre, y compris pour les emplois peu qualifiés.
Pour
Papa Seck, il est difficile, dans le contexte actuel, de demander aux
pays d'accueil de lever toutes les barrières politiques et ouvrir leurs
frontières à tout prix.
Le RMDH 2009 appelle également les
pays d'accueil à prendre des mesures pour mettre fin à la
discrimination envers les migrants, tout en insistant sur l'importance
de répondre aux inquiétudes des résidents locaux et d'améliorer la
sensibilisation aux droits des migrants.
Selon le rapport, les
restrictions mises en place par le pays d'accueil peuvent à la fois
augmenter les coûts et les risques des migrations.
Malgré le
fait que les migrants puissent contribuer au développement national
d'un pays, le rapport met en garde contre la considération de la
migration comme seule stratégie nationale pour accélérer le
développement humain.
Il recommande aux pays d'origine de
continuer à supprimer les obstacles au développement humain national,
tout en considérant la migration comme une éventualité dans le cadre
d'une approche globale.
Instaurés par le Pnud depuis 1990, les
Rapports annuels sur le développement humain se penchent sur plusieurs
thèmes dont la pauvreté, la démocratie, les droits de l'Homme, la
liberté culturelle, la mondialisation, la pénurie en eau et le
changement climatique.
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