L'écho
(mon argent/belga/afp) - La Belgique figure au 17e rang mondial de l'indicateur de développement humain publié lundi par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). Un statu quo par rapport à l’an passé, ni mieux ni moins bien. Il n’empêche sur les 182 pays de ce classement, une 17e place fait de la Belgique un des pays du peloton de tête des pays au "développement humain très élevé", un de ceux où le développement humain est aussi le mieux garanti.
Bien sûr, nous avons nos points forts par rapport aux autres,
notamment en matière d'égalité des sexes. Mais le PNUD se préoccupe
toutefois d’une évolution qualifiée "d'inquiétante" sur le long terme.
"Entre 2000 et 2007, la Belgique a connu, avec une hausse de +0,13% par
an, la plus faible progression des pays de l'OCDE en matière de
développement humain, juste devant les Etats-Unis", souligne Marc
Destanne de Bernis, conseiller du PNUD à Bruxelles. Celui-ci rappelle
qu'en 1980, la Belgique occupait encore le 12e rang mondial en matière
de développement, contre le 17e aujourd'hui.
Et justement, le PNUD
souligne que, pour la Belgique, les bénéfices liés aux flux entrants.
"Seule l'immigration permet aujourd'hui à la Belgique d'accroître sa
population", rappelle ainsi M. Destanne de Bernis.
Consacré cette année à la migration, le rapport du PNUD s’intitule "Lever les barrières: mobilité et développement humains". Avec celui-ci, l'agence de l'ONU entend "bousculer les idées reçues sur la migration" et lance un plaidoyer en faveur de l'immigration qui, une fois la récession passée, sera utile aux pays riches, en dépit de l'opposition des opinions publiques.
"Lorsque la récession mondiale sera terminée, la demande de main d'oeuvre émigrée repartira à la hausse", écrit la responsable du rapport Jeni Klugman. "La récession représente justement une occasion toute particulière de faire avancer les débats et les réformes sur les politiques migratoires", ajoute-t-elle. "L'heure n'est pas au protectionnisme anti-immigrants mais plutôt aux réformes qui promeuvent des avantages à long terme", poursuit-elle, tout en reconnaissant que "convaincre l'opinion publique d'un tel engagement demande du courage".
Le PNUD pour qui "vivre là où on souhaite est un élément clé de la liberté humaine", cherche à démontrer que les flux migratoires profitent à la fois aux migrants, aux pays d'origine et aux pays d'accueil.
Un rapport qui entend aller plus loin que la vision étriquée que l’on a habituellement de l’immigration puisque "contrairement à ce qui est généralement admis, les migrants développent l'activité économique et donnent plus qu'ils ne reçoivent", relèvent les auteurs du rapport. "Des enquêtes détaillées montrent que l'immigration augmente généralement l'emploi dans les communautés d'accueil, n'encombre pas le marché du travail local et améliore le taux d'investissement dans les entreprises et les initiatives nouvelles", précise le PNUD.
Mais, même si ce rapport tord le cou à pas mal de stéréotypes négatifs, il ne nie pas non plus le fait que les plus grands gagnants sont les migrants eux-mêmes.
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