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Le PNUD veut "bousculer" les idées reçues

Le monde

Bousculer les idées reçues sur la migration" : c'est l'ambition du rapport 2009 du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), intitulé "Lever les barrières : mobilité et développement humains". Présenté lundi 5 octobre, ce rapport affirme une conviction : "à condition d'améliorer un certain nombre de facteurs", la migration profite non seulement au migrant, mais aussi aux pays de départ et d'accueil.

C'est un palmarès attendu : le rapport du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) contient le classement des pays selon l'indice de développement humain (IDH), qui intègre, en plus de la richesse nationale, les indicateurs de santé et d'éducation.

En 2007, la valeur de l'IDH a reculé dans quatre pays - dont les Etats-Unis, passés du 12e au 13e rang - et a progressé dans 174, dont la Chine, qui bondit de sept places pour atteindre la 92e. Mais l'IDH 2007 n'intègre pas les effets de la crise mondiale, ce qui limite ses enseignements. Surtout, le PNUD annonce vouloir réformer en 2010 le concept même de cet indice créé en 1990, pour y intégrer "d'autres indicateurs, liés aux inégalités, aux libertés politiques ou à l'environnement". La richesse est aujourd'hui surreprésentée au sein du l'IDH : la France a ainsi progressé de la 11e à la 8e place pour une seule raison : le PIB par habitant y a progressé de 5 %.

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Entretien "L'Europe s'accepte mal comme terre d'immigration"

Les migrations Sud-Nord sont minoritaires. Si, chaque année, "plus de 5 millions de personnes franchissent des frontières internationales pour aller vivre dans un pays développé, ils sont bien davantage à migrer vers un pays en développement ou à se déplacer dans leur propre pays", rappelle le PNUD. Sur une population totale d'un milliard de migrants dans le monde, "740 millions de personnes sont des migrants internes, soit plus de trois fois le nombre de migrants internationaux". Et parmi ces migrants internationaux, près de la moitié se déplace dans leur région d'origine : "Moins de 30 % se déplacent d'un pays en développement vers un pays développé."

Ceux qui ont le plus à gagner sont ceux qui migrent le moins. Les pays les plus pauvres ne forment qu'une faible part des flux migratoires. Le taux d'émigration moyen des pays à faible indice de développement humain (IDH) est inférieur à 1 %, contre près de 5 % dans les pays à IDH élevé.

Pourtant, dans un pays développé, un migrant issu d'un pays à faible IDH multiplie ses revenus par quinze, double le taux de scolarisation de ses enfants, divise leur mortalité infantile par seize. Plus surprenant, même la migration entre ou à l'intérieur de pays en développement permet aux plus pauvres d'améliorer leur sort. L'IDH des migrants internes en Guinée est ainsi supérieur de 23 % à celui des non-migrants.

Dans les pays de départ, un élément du développement. Les transferts de fonds effectués par les travailleurs migrants vers des pays en développement ont atteint 308 milliards de dollars en 2008. C'est trois fois le montant de l'aide publique au développement. Au Sénégal, le volume des transferts est douze fois supérieur à la somme des investissements directs étrangers. Des transferts qui sont aussi, pour les pays pauvres, une précieuse source de devises. Sous l'effet de la crise, ils devraient néanmoins tomber à 293 milliards en 2009.

Mais ces transferts "ne sont pas directement dirigés vers les familles les plus pauvres ni les pays les plus pauvres", tempère le PNUD. En 2007, moins de 1 % des transferts a été envoyé dans les pays a plus faible IDH, où ils n'égalent que 15 % de l'aide publique au développement.

Un bénéfice net pour les pays d'accueil. "Il n'existe aucune preuve d'impacts négatifs de l'immigration sur l'économie, le marché du travail ou le budget, alors que les bénéfices ne sont plus à démontrer dans des domaines comme la diversité sociale et la capacité d'innovation", affirme le rapport à l'heure où la crise renforce les fermetures de frontières et les mesures protectionnistes.

Au contraire, d'après les études du PNUD, l'immigration accroît l'emploi et, à court terme, la croissance démographique résultant des migrations augmente le PIB réel par habitant. "Les migrants donnent généralement plus qu'ils ne reçoivent. L'impact sur les finances publiques reste faible", ajoute Papa Seck, statisticien au PNUD.

Des réformes pour "lever les barrières". Pour le PNUD, "la récession mondiale représente l'occasion de réformer les politiques en matière de migration" pour profiter au mieux de la reprise.

Le PNUD propose des réformes visant à ouvrir les voies d'entrée à davantage de travailleurs, notamment peu qualifiés, et à faciliter leur mobilité en renforçant leurs droits et leur accès aux services publics. Et l'agence de rappeler que la démographie des pays développés, déclinants et vieillissants, les contraint à recourir à cette immigration : la population en âge de travailler va fondre de 23 % entre 2010 et 2050 en Europe.

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