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Rapports sur le développement humain - Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)

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EN VEDETTE

Rapport 2013

L'essor du Sud : le progrès humain dans un monde diversifié
est disponible en téléchargement gratuit

Femmes migrantes : égales en nombre, inégales face aux défis

BRDH

Le Rapport mondial sur le développement humain demande un élargissement des droits et la suppression des pratiques inégalitaires

Bangkok, le 5 octobre 2009 — La migration libère souvent les femmes et génère des gains importants en termes de revenus, de niveau d’autonomisation et d’éducation. Mais pour de trop nombreuses femmes, la migration présente également des risques d’exploitation et des conditions difficiles, selon le Rapport mondial sur le développement humain lancé ici même aujourd’hui.

Les femmes représentent presque la moitié des migrants, une proportion qui a peu évolué au cours des 20 dernières années. Cependant, comme le souligne le Rapport Lever les barrières : mobilité et développement humains, derrière cette relative égalité entre hommes et femmes se cachent en réalité de grandes disparités dans les gains et les coûts de la mobilité pour les femmes.

« Les réformes des politiques migratoires des pays en développement et développés doivent intégrer l’égalité des chances ainsi que des droits et garanties pour les femmes », déclare Jeni Klugman, directrice du Rapport.

Cette étude est la plus récente publication d’une série de Rapports mondiaux sur le développement humain visant à encadrer les débats sur certains des défis les plus urgents pour l’humanité, du changement climatique aux droits de l’homme. Ce rapport indépendant a été mandaté par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

Les avantages de la migration

Dans la plupart des pays en développement, le taux de migration des travailleurs qualifiés est substantiellement plus élevé chez les femmes que chez les hommes. Les femmes titulaires d’un diplôme de troisième cycle ont 40 % plus de chances que les hommes d’émigrer vers des pays développés. Elles sont généralement issues d’un grand nombre de pays, dont l’Afghanistan, le Ghana, le Guatemala, le Malawi, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, le Togo, l’Ouganda ou la Zambie.

Pour les femmes migrantes avec un bagage professionnel plus faible issues des pays en développement, les opportunités sur le marché du travail tendent à se concentrer sur des activités de soin, des travaux domestiques et dans le secteur informel. Deux écueils peuvent se dresser sur leur chemin : les emplois à bas salaires avec peu d’avantages et des opportunités professionnelles limitées qui renforcent leur condition sociale défavorisée. Malgré cela, elles envoient fréquemment une plus grande proportion de leurs revenus à leurs familles que les hommes.

Pour les femmes qui migrent à l’intérieur de leur pays, l’autonomie est au rendez-vous lorsqu’elles quittent le milieu rural pour un milieu urbain, même si elles doivent laisser leurs familles et leurs amis. En acceptant un travail rémunéré en dehors de chez elle, elles accèdent à des possibilités et des opportunités plus larges.

Obstacles et barrières

Les femmes doivent surmonter de nombreux obstacles à la migration et s’exposent à un certain nombre de dangers lorsqu’elles partent effectivement. Par exemple, plus de 20 pays n’autorisent pas les femmes à déposer une demande de passeport seules, tandis que d’autres, comme le Myanmar, l’Arabie Saoudite et le Swaziland, restreignent les sorties des femmes. Lorsque les femmes arrivent finalement à émigrer, certains pays d’accueil les excluent des dispositifs normaux de protection des travailleurs. Par exemple, si une femme célibataire migre dans les États du Conseil de coopération du Golfe et tombe enceinte, elle est expulsée.

Selon une étude réalisée récemment dans les États arabes, les conditions de travail abusives souvent associées au travail domestique et au manque de mécanismes de réparation peuvent enfermer les migrantes dans un cercle vicieux de pauvreté et de vulnérabilité au VIH/SIDA. La même étude a révélé que de nombreux pays soumettent les migrants à un test de séropositivité et expulsent les personnes porteuses du VIH. Or les pays d’origine disposent rarement de programmes de réintégration des migrants forcés de rentrer en raison de leur séropositivité.

Les cas les plus atroces surviennent lorsque les promesses d’un travail bien rémunéré à l’étranger attirent les femmes dans des réseaux de trafic d’êtres humains. Les documents de voyage des victimes sont confisqués et celles-ci sont isolées, rendant toute fuite difficile. Elles peuvent finir en état de servitude pour dettes dans des pays dont la langue ou les barrières physiques et sociales les empêchent de demander de l’aide. Avec leur statut de résidente irrégulière, ces migrantes sont souvent peu enclines à se présenter aux autorités car elles risquent des sanctions juridiques ou des poursuites pénales.

L’élargissement à ces femmes des droits de protection qui sont déjà octroyés aux résidents et aux migrants légaux aidera à combattre et à punir de tels délits. Les lois contre le trafic d’êtres humains se sont multipliées ces dernières années et constituent une voie d’approche importante pour protéger les droits des migrants. Pour lutter efficacement contre ce phénomène, on doit sensibiliser les femmes aux dangers du trafic d’êtres humains, leur donner les moyens de demander de l’aide et améliorer leurs opportunités économiques et leur statut dans leur région d’origine.

Le rapport Lever les barrières défend vigoureusement la suppression des obstacles qui accentuent les inégalités et les pratiques professionnelles injustes. Il estime que des réformes qui vont dans ce sens donneraient à tous les migrants de plus grandes opportunités et protections, surtout aux femmes. Le Rapport propose une série de réformes politiques qui insistent sur la protection des droits des migrants et la nécessité de garantir des avantages pour eux comme pour leur communauté d’accueil, afin de faciliter la mobilité à l’intérieur des pays. Le Rapport recommande également d’intégrer la migration dans les stratégies nationales de développement social et économique.

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