PNUD
La majorité des pays affichent des progrès considérables, révèle l’édition du 20e anniversaire du Rapport à travers une analyse des tendances sur les quarante dernières années, mais le SIDA, les conflits et l’extrême pauvreté limitent les avancées
Nations Unies, le 4 novembre 2010—L’édition du 20e anniversaire du Rapport sur le développement humain, lancée ce jour par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) lors d’une cérémonie en présence du secrétaire général Ban Ki-moon et de l’administrateur du PNUD Helen Clark, met en lumière les pays qui ont réalisé les plus grands progrès au cours des dernières décennies, mesurés selon l’indice de développement humain (IDH). Elle révèle que de nombreuses nations d’Afrique subsaharienne enregistrent des gains importants sur le plan de l’éducation, de l’espérance de vie et des niveaux de vie en général.
Le Rapport 2010, intitulé La vraie richesse des nations : Les chemins du développement humain, examine les progrès en termes de santé, d’éducation et de revenu au cours des 40 dernières années, mesurés selon l’IDH, dans les 135 pays pour lesquels des données comparables sont disponibles. L’Éthiopie se classe au 11e rang en termes d’amélioration de l’IDH depuis 1970, tandis que le Botswana (14e), le Bénin (18e) et le Burkina Faso (21e) comptent également parmi les 25 pays les plus performants.
« L’Afrique subsaharienne reste confrontée à un grand nombre de défis, mais de nombreux pays ont réalisé des progrès considérables et parfois négligés, plus particulièrement dans le domaine de l’éducation, en dépit de graves difficultés économiques et politiques », explique Jeni Klugman, auteur principal du Rapport. « Au cours des dix dernières années, plusieurs pays africains ont accéléré le progrès puisqu’en 2000 cinq d’entre eux – le Burkina Faso, l’Éthiopie, le Mozambique, le Rwanda et l’Ouganda – sont parmi les 10 pays les plus performants ».
Le Rapport sur le développement humain 2011 a été lancé aujourd’hui lors de cérémonies parallèles à New York et Nairobi, au Kenya, par le secrétaire général adjoint des Nations Unies Tegegnework Gettu, qui dirige le bureau régional du PNUD pour l’Afrique, ainsi qu’à Dakar, au Sénégal, par Babacar Cisse, directeur général adjoint du PNUD pour l’Afrique.
Tendances sur quatre décennies
Le taux moyen d’alphabétisation en Afrique subsaharienne a presque triplé en termes de pourcentage sur l es 40 dernières années, augmentant de 23 pour cent en 1970 à 65 pour cent aujourd’hui, révèle l’analyse présentée dans le Rapport.
L’espérance de vie moyenne en Afrique subsaharienne est aujourd’hui de 52 ans, par rapport à 44 ans en 1970. Elle reste néanmoins la plus faible au monde, loin derrière la moyenne de près de 70 ans pour les 135 pays couverts dans l’analyse des tendances de l’IDH. En 2010, le Lesotho accuse la plus faible espérance de vie de l’Afrique subsaharienne, c’est-à-dire 46 ans, tandis que les Comores sont en tête de la région avec une espérance de vie de 66 ans. Dans six pays, l’espérance de vie a chuté depuis 1970 ; il s’agit de la République démocratique du Congo, du Lesotho, du Swaziland, de l’Afrique du Sud, de la Zambie et du Zimbabwe, où les taux de prévalence du SIDA continuent de dépasser 15 pour cent.
La majorité des nations africaines ont considérablement progressé en termes d’IDH au cours des 40 dernières années. Cependant, trois pays de la région couverts par l’étude mondiale ont un IDH inférieur en 2010 à celui de 1970 : la République démocratique du Congo, la Zambie et le Zimbabwe.
« Ce sont des pays victimes d’une combinaison ou de plusieurs combinaisons de facteurs, dont l’épidémie de SIDA, les conflits armés et l’instabilité politique », explique Jeni Klugman.
La République démocratique du Congo et la Zambie, cependant, ont inversé la tendance négative à long terme du développement humain au début du XXIe siècle et connu des avancées rapides pendant la dernière décennie.
Mise à jour de l’IDH 2010
L’IDH 2010, dont les indicateurs traditionnels pour la santé, l’éducation et le revenu ont été soumis à quelques ajustements techniques, donne la mesure des variations en termes de progrès du développement dans 37 pays de la région analysés.
Maurice est classée au premier rang des États d’Afrique subsaharienne (n° 72 mondial), ce qui correspond à la catégorie « développement humain élevé », suivie par le Gabon (n° 93) et le Botswana (n° 98). Le Zimbabwe est classé dernier des 169 pays couverts, en raison principalement des taux élevés de SIDA qui ont raccourci l’espérance de vie. L’IDH 2010 ne devrait pas être comparé à l’IDH des éditions précédentes du Rapport sur le développement humain étant donné que des indicateurs et des calculs différents sont utilisés.
En plus de l’analyse des tendances sur quatre décennies et de l’IDH affiné, le Rapport sur le développement humain 2010 introduit trois nouveaux indices qui donnent une image de la pauvreté multidimensionnelle, des inégalités et des écarts entre hommes et femmes ».
Le nouvel indice de pauvreté multidimensionnelle, qui identifie des déprivations simultanées sur les plans de la santé, de l’éducation et des niveaux de vie des ménages dans 104 pays, indique que l’Afrique subsaharienne compte le plus grand nombre d’habitants « multidimensionnellement » pauvres au monde : 458 millions, ou 65 pour cent de la population totale des 37 pays d’Afrique subsaharienne étudiés. (L’Asie du Sud enregistre le plus grand nombre absolu d’individus – 844 millions – vivant dans une pauvreté multidimensionnelle.)
D’énormes variations nationales sont toutefois constatées, d’un très faible 3 pour cent de personnes vivant dans une pauvreté multidimensionnelle en Afrique du Sud à un énorme 93 pour cent au Niger.
L’Afrique subsaharienne accuse le plus fort déficit dû aux inégalités dans les trois dimensions de l’IDH, toutes régions confondues, soit 33 pour cent, mesuré par le nouvel indice de développement humain ajusté aux inégalités utilisé dans le Rapport.
Les déficits de la région sont en grande partie attribuables aux disparités en termes d’espérance de vie, étant donné que les inégalités y sont les plus fortes au monde. L’Asie du Sud et les États arabes accusent des déficits supérieurs à ceux de l’Afrique subsaharienne lorsqu’il s’agit des inégalités au niveau de l’éducation, tandis que les plus grands déficits accusés par l’Amérique latine et les Caraïbes sont dus aux inégalités de revenus.
Le nouvel indice d’inégalité de genre introduit dans le Rapport – qui trace la courbe des écarts entre hommes et femmes dans les domaines de la santé reproductive, de l’autonomisation et de la participation à la main-d’œuvre dans 138 pays – révèle une présence proportionnellement supérieure de femmes dans les parlements d’Afrique subsaharienne (17 pour cent) par rapport à ceux d’Europe de l’Est et d’Asie centrale (12 pour cent), d’Asie du Sud (10 pour cent) ou des États arabes. La région compte néanmoins sept des 10 pays les plus inégalitaires au monde en termes de genre : le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Libéria, la République centrafricaine, le Mali, le Niger et la République démocratique du Congo. Classée 47e selon l’indice d’inégalité de genre, Maurice est le pays le moins inégalitaire de la région, tandis que la République démocratique du Congo, classée 137e, occupe l’avant-dernier rang mondial.
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