Si la croissance des économies des pays développés a cessé en raison de la crise fi nancière de 2008-2009, celle des pays en développement s’est poursuivie, et le monde a subitement pris conscience du changement. l’essor du sud, considérée dans le monde en développement comme un rééquilibrage nécessaire, a depuis fait l’objet de nombreux commentaires. Cependant, ce débat a été généralement axé en priorité sur le piB et l’augmentation des échanges dans quelques grands pays. pourtant, une dynamique plus large est à l’oeuvre, impliquant plus de pays et des tendances plus profondes avec des implications d’une portée potentiellement plus vaste pour la vie des personnes, l’équité sociale et la gouvernance démocratique, tant au niveau local que mondial. Comme le montre le présent rapport, l’essor du sud est à la fois le fruit d’investissements réguliers en développement humain et de succès récurrents en la matière, et une opportunité pour le monde entier d’approfondir plus encore les progrès humain. pour que cette opportunité se matérialise, il est essentiel d’établir des stratégies éclairées à l’échelle mondiale et nationale, en tirant parti des leçons stratégiques étudiées dans le présent rapport.
L’essor du Sud se produit à une vitesse et à un niveau sans précédent. Elle doit être appréhendée comme l’histoire d’une expansion exceptionnelle des capacités individuelles et du progrès continu du développement humain dans des pays où vivent la grande majorité des habitants de la planète. Lorsque des dizaines de pays et des milliards de personnes montent dans l’échelle du développement, comme c’est le cas aujourd’hui, l’impact est immédiat sur la création de richesse et le progrès humain général dans tous les pays et régions du monde. De nouvelles opportunités de croissance sont à saisir pour les pays les moins développés et il est désormais possible de lancer des initiatives stratégiques novatrices, susceptibles de bénéfi cier également aux économies les plus avancées.
La plupart des pays en développement ont fait un bon travail, mais un grand nombre a fait des progrès particulièrement importants – c’est ce qu’il convient d’appeler « l’essor du Sud ». Des progrès rapides ont été réalisés par quelques grands pays, notamment le Brésil, la Chine, l’Inde, l’Indonésie, le Mexique, l’Afrique du Sud et la Turquie. Néanmoins, certaines économies plus petites ont également réalisé des progrès importants, comme le Bangladesh, le Chili, le Ghana, Maurice, le Rwanda, la Th aïlande et la Tunisie.
Le Rapport sur le développement humain 2013 est non seulement axé sur l’essor du Sud, ainsi que sur les implications de cette situation pour le développement humain, mais également sur ce monde en mutation, dont les changements résultent en grande partie de ce même essor. Il analyse les progrès en cours, les défi s futurs à relever (certains dus à cette évolution positive) et les nouvelles opportunités à saisir pour installer une gouvernance régionale et mondiale représentative.
Pour la première fois en 150 ans, le produit combiné des trois principales économies du monde en développement : en 1950, le Brésil, la Chine et l’Inde ne représentaient à eux trois que 10 % de l’économie mondiale, alors que les six puissances économiques traditionnelles du Nord comptaient pour plus de la moitié. De plus, en 2050, selon les prévisions du présent Rapport, la Chine, l’Inde et le Brésil représenteront ensemble près de 40 % de la production mondiale, dépassant largement les productions combinées du bloc du Groupe des Sept actuel.
Dans les pays du Sud, la classe moyenne connaît un essor rapide en termes de taille, de revenu et de perspectives. L’énorme quantité de personnes vivant dans les pays du Sud (les milliards de consommateurs et de citoyens) multiplie les conséquences des actions menées par les gouvernements, les entreprises et les institutions internationales de la région sur le développement humain. Le Sud émerge aujourd’hui à côté du Nord comme un terrain fertile pour l’innovation technique et l’entreprenariat créatif. Dans le cadre des échanges Nord-Sud, les économies nouvellement industrialisées ont développé des compétences pour fabriquer des produits complexes destinés aux marchés des pays développés. Cependant, les interactions Sud-Sud ont permis aux entreprises des pays du Sud de s’adapter et d’innover avec des produits et des processus plus adaptés aux besoins locaux.